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Euro-2012 - Dans une ambiance survoltée, l'Espagne explose

27/06/2012 05:47 EDT | Actualisé 27/08/2012 05:12 EDT

Dans une ambiance survoltée, des milliers de supporteurs espagnols rassemblés à Madrid y ont cru jusqu'au bout, avant d'exploser au dernier tir au but victorieux de Fabregas, offrant la qualification face au Portugal en demi-finale de l'Euro-2012, à Donetsk.

La foule alors exulte, saute, chante, tape dans les mains.

"Toute l'Espagne va se saouler", hurle un groupe d'étudiants en kinésithérapie. "On a beaucoup souffert. Les Portugais ont mis beaucoup de pression. Mais on a confiance dans nos joueurs", lance une jeune fille du groupe, Carlota Bodas Rivas.

Dès la frappe de Fabregas dans les filets, et la victoire de l'Espagne assuré (0-0, 4 t.a.b à 2), pétards et sifflets ont retenti dans toute la ville.

Depuis tôt dans la soirée, des milliers de personnes s'étaient agglutinés devant les écrans géants installés devant le stade Santiago Bernabeu, par une chaleur écrasante.

D'autres étaient massés dans de nombreux bars de Madrid, pavoisés du drapeau espagnol, rouge et jaune, débordant sur les trottoirs.

Vêtus du maillot rouge de la Roja, ils agitent des drapeaux, les joues peintes aux couleurs jaune et rouge, une canette de bière ou de soda en main. La marée humaine exulte à chaque occasion des Espagnols.

Mais au fil des minutes, la tension ne cesse de monter, tant la pression des Portugais est intense, insoutenable pour certains qui lâchent un geste de colère.

Certains cèdent à la déception, comme Lorena Santa Cruz, une décoratrice de 32 ans: "Je regrette, parce que le Portugal est plus rapide, et réagit à temps", lance-t-elle.

Mais d'autres veulent toujours y croire, le visage crispé. "Le Portugal est supérieur, mais maintenant, ils vont se fatiguer, l'Espagne va avoir davantage d'occasions", s'écrie Salvador Gonzalez, un consultant de 31 ans.

Et à la mi-temps, beaucoup sont déçus et reconnaissent que le Portugal est supérieur. Un animateur hurle dans un haut-parleur: "Ce match, nous allons le gagner", mais l'Espagne et Portugal sont à égalité, 0-0.

"Iker, Iker", crie la foule surchauffée à la reprise, acclamant le gardien de but de la Roja Iker Casillas, hypnotisée face à l'écran géant, dans une ambiance de plus en plus tendue. La nuit est tombée depuis longtemps mais le thermomètre affiche toujours 32 degrés.

L'animateur s'époumonne: "Je suis es-pa-gnol es-pa-gnol es-pa-gnol".

Lorsque résonne le coup de sifflet marquant la fin du temps réglementaire, ils redoublent d'espoir, dansent, chantent en agitant des drapeaux espagnols sur la chanson "goal".

Parfois, pendant les prolongations, le doute s'installe. "Nous ne sommes pas comme les autres jours, il nous manque un attaquant," reconnaît Pedro, un supporteur.

"Nous avons le meilleur gardien de but du monde. On va gagner", assure pourtant Rafael Aliseds, un fonctionnaire de 28 ans, torse nu et drapeau autour de la taille. Casillas arrête effectivement le premier tir au but, Fabregas libère ensuite les siens.

Promesse tenue: l'Espagne, championne du monde et championne d'Europe, rencontrera le 1er juillet, en finale de l'Euro-2012, le vainqueur de l'autre demi-finale, celle qui opposera l'Allemagne à l'Italie, jeudi à Varsovie.

Pendant ce temps, à 500 kilomètres de Madrid, dans la localité de Tui, à la frontière entre les deux pays, flottaient côte à côte le drapeau espagnol et celui, vert et rouge, du Portugal. Les élus des deux côtés de la frontière avaient même prévu de regarder, ensemble, ce match historique, sur un écran géant.

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