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Des dizaines d'Irakiens sans abri après un attentat à Bagdad mi-juin

27/06/2012 07:36 EDT | Actualisé 27/08/2012 05:12 EDT

Jihad Hussein et son épouse ont vu leur maison réduite en ruines par l'explosion d'une voiture piégée à la mi-juin dans un bidonville du nord de Bagdad. Comme des dizaines d'autres Irakiens, ils sont aujourd'hui sans abri.

"C'est un grand choc. Je suis devenu sans abri en quelques secondes, mais Dieu merci, je n'ai pas perdu la vie ni ma femme", souligne le jeune homme de 28 ans, qui a dû trouver refuge avec son épouse dans la cour d'un sanctuaire chiite.

Des blocs de béton, des vêtements et des meubles sont tout ce qui reste des maisons de fortune situées dans le bidonville Imam Ali où un véhicule chargé d'explosifs a explosé le 13 juin.

L'attentat a fait sept morts et privé d'un toit plus de 20 familles, qui tentent désormais de reconstruire leur vie brisée.

M. Hussein explique qu'il a cherché des maisons à louer, mais la moins chère coûtait 150.000 dinars irakiens (125 dollars), était dans un état déplorable et nécessitait des réparations notables. Et de toute façon, "je n'ai pas cette somme d'argent".

"Aucun de mes proches ne veut m'aider parce qu'ils n'ont pas assez d'argent", ajoute-t-il, attendant à Imam Ali l'aide d'une ONG norvégienne.

Jihad Hussein vivait à Imam Ali depuis 2004, date à laquelle sa famille avait dû quitter la maison qu'elle louait car elle ne pouvait faire face à la hausse du loyer.

Le bidonville, qui s'est développé sur une ancienne base des forces de sécurité de Saddam Hussein, est le seul endroit qu'il avait trouvé. Il y a passé huit ans dans une maison constituée d'une chambre et d'une cuisine, simplement faite de blocs en béton.

Après l'explosion, Hussein et son épouse Fatima Safah ont dormi sur le sol de la cour pavée du sanctuaire chiite de Moussa Kazem.

L'attentat ne l'a pas seulement privé de sa maison, mais aussi de son travail dans un magasin d'accessoires de voitures, où il n'a pu se rendre depuis.

"Le propriétaire du magasin où je travaillais m'a dit qu'il n'avait plus besoin de moi, parce qu'il voulait quelqu'un qui soit toujours avec lui".

"Je lui ai parlé des circonstances et lui ai dit qu'il devrait me soutenir dans cette situation difficile. Il m'a demandé de le rappeler plus tard, ce qui voulait dire qu'il ne voulait plus me parler", dénonce-t-il.

S'il ne trouve pas du travail rapidement, Jihad Hussein ira s'installer dans la ville sainte chiite de Kerbala, au sud de Bagdad, où selon un cousin il existe des possibilités de travail.

Une partie des habitants d'Imam Ali avaient déjà fui des troubles ailleurs en Irak, victimes de violences ou de menaces.

"Il y a plus de 120 familles à cet endroit, dont 45% sont des déplacés venant de zones sunnites comme Falloujah, Haswa, Abou Ghraib, Taji et autres", explique Abdelzahra Abdelsadeh, un homme de 57 ans qui s'occupe de la gestion des lieux.

Selon l'ONU, quelque 1,3 million d'Irakiens ont été déplacés à l'intérieur de leur pays.

M. Abdelsadeh dénonce l'absence d'aide apportée par les autorités aux personnes ayant perdu des proches ou leur maison, les seuls responsables venus sur place étant deux membres du Conseil provincial de Bagdad qui n'ont rien fait d'autre que des promesses.

L'attaque ayant détruit la maison de Jihad Hussein a été commise lors d'une vague de violences revendiquée par Al-Qaïda ayant fait 72 morts le 13 juin à travers l'Irak. D'autres attaques ont suivi.

Au moins 32 personnes ont ainsi péri le 16 juin dans deux attentats visant des pèlerins chiites à Bagdad. Et deux jours après, 22 personnes ont été tuées dans un attentat anti-chiite à Baqouba, au nord de Bagdad.

Outre les forces de sécurité, la majorité chiite a été la principale cible des groupes armés sunnites depuis la chute en 2003 du régime de Saddam Hussein.

Les violences en Irak ont diminué par rapport aux terribles années 2006 et 2007 mais n'ont pas pour autant cessé, en particulier à Bagdad. En mai, 132 personnes ont péri dans des attaques, selon les chiffres officiels.

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