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CORRIGÉ: L'extradition de Mahmoudi en Libye est un "rapt", selon son avocat français

27/06/2012 05:28 EDT | Actualisé 27/08/2012 05:12 EDT

L'extradition par la Tunisie de l'ex-Premier ministre libyen al-Baghdadi al-Mahmoudi vers Tripoli est un "véritable rapt", a déclaré lundi à l'AFP son avocat français, Me Marcel Ceccaldi, qui a dénoncé des "pratiques de voyous" du gouvernement tunisien.

L'avocat a estimé que l'extradition de son client vers la Libye était illégale à au moins deux titres: d'une part parce qu'elle n'a pas été validée par le président tunisien, et d'autre part parce que la Cour africaine des droits de l'Homme (CADH) était saisie d'un recours contre cette extradition.

"Il s'agit d'une extradition vers un Etat voyou de la part d'un gouvernement qui a des pratiques de voyous", a déclaré Me Ceccaldi, qui a déploré le "double langage du gouvernement islamiste tunisien".

"Ce gouvernement parle de démocratie, de libertés et de droits de l'Homme mais dans la pratique, ils n'ont de cesse que de les violer, car en Tunisie, aux termes des textes applicables, c'est le président de la République qui doit signer le décret d'extradition, a-t-il poursuivi.

"Organiser ce véritable rapt alors que la CADH était saisie relève de pratiques de gangsters et de voyous", a-t-il ajouté, précisant avoir vu son client pour la dernière fois le 16 juin.

La décision du chef du gouvernement tunisien Hamadi Jebali d'extrader l'ex-Premier ministre libyen a déclenché une crise sans précédent avec le président de la République tunisienne Moncef Marzouki, furieux de ne pas avoir été consulté.

Me Ceccaldi affirme que son client a été en catimini sorti de prison dimanche vers 05H00, puis emmené par hélicoptère vers un aéroport au sud de Carthage, d'où il aurait été transféré à Sfax, où l'attendait un avion libyen.

"Ce faisant, la Tunisie s'est mise en marge des principes du droit international et des textes internationaux qu'elle a pourtant signés", a poursuivi l'avocat, qui estime que la Libye est actuellement un Etat inapte à juger son client.

Premier ministre jusqu'aux derniers jours du régime Kadhafi, M. Mahmoudi avait été arrêté en septembre en Tunisie alors qu'il cherchait à gagner l'Algérie.

Craignant pour sa vie, son avocat a déclaré à l'AFP que son client a été l'objet de violences dimanche à son arrivée en Libye et qu'il a été hospitalisé vers 18H00, victime d'une hémorragie.

Selon des affirmations de Me Ceccaldi au site français Mediapart, les violences auraient été exercées durant un interrogatoire par le gouverneur militaire de Tripoli Abdelhakim Belhadj.

Ces accusations ont été démenties lundi soir par les autorités libyennes. "Je réfute totalement les informations selon lesquelles al-Baghdadi al-Mahmoudi a été agressé. Il est bien traité, dans le respect des critères internationaux, et il est impossible que de pareils actes se soient produits. Il est dans un endroit sûr et ses gardiens ont été choisis avec soin", a assuré à l'AFP le vice-ministre libyen de la Justice, Khalifa Ashour.

M. Ashour a précisé que l'ex-Premier ministre libyen était détenu dans une prison contrôlée et supervisée par le ministère de la Justice libyen.

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