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Commerce des armes: le Canada est interpellé par plusieurs organisations

27/06/2012 01:39 EDT | Actualisé 27/08/2012 05:12 EDT

OTTAWA - Des organisations non gouvernementales (ONG) qui surveillent de près le commerce international des armes estiment que le Canada doit faire plus pour empêcher les armes de se retrouver entre les mains de terroristes ou de régimes qui violent les droits de la personne.

Des groupes comme Amnistie internationale et Oxfam Canada reconnaissent que le Canada s'est doté de règles strictes pour encadrer le contrôle des armes, mais déplorent qu'il n'incite pas davantage les autres pays à suivre son exemple.

Des négociations s'ouvriront la semaine prochaine aux Nations unies pour la conclusion d'un nouveau traité de contrôle des armes. Ces ONG exigent une prise de position claire de la part du premier ministre Stephen Harper, et la participation aux discussions du ministre des Affaires étrangères, John Baird.

«Nous avons la chance de nous attaquer à cette tragédie qui se poursuit, une occasion unique d'inciter le reste de la planète à adopter les normes élevées du Canada», a indiqué mercredi Mark Fried, d'Oxfam Canada.

Les organisations affirment que des pays opposés à des normes plus serrées — comme la Syrie, l'Égypte, l'Iran et Cuba — bloquent tout progrès pendant ces négociations.

«À ce jour, le Canada a été un partisan discret mais fiable d'un traité robuste de contrôle du commerce des armes, mais le Canada a laissé le soin à ses alliés — y compris le Royaume-Uni, le Mexique et l'Australie — de prendre la tête de ces efforts, en compagnie de pays pauvres qui souffrent de cette inondation d'armes, a ajouté M. Fried. Si le Canada garde le silence, ceux qui s'opposent au traité vont l'affaiblir ou trouver un moyen pour le paralyser.»

Parmi les ONG qui demandent plus de muscle à Ottawa, on retrouve l'Association québécoise des organismes de coopération internationale, Mines Action Canada, Oxfam-Québec et Religions pour la Paix – Québec.

Les organismes ajoutent que 119 parlementaires canadiens ont signé une déclaration globale en appui à un traité musclé pour encadrer le commerce des armes, qui est discuté depuis 2009. Pendant ce temps, soutiennent les organisations, le commerce des armes ne cesse de prendre de l'ampleur. Elles rappellent que le commerce des bananes est davantage réglementé que celui des armes.

Ce traité obligerait les pays à bloquer toute expédition d'armes ou de munitions qui pourraient être utilisées dans des violations des droits de la personne ou du droit humanitaire.

Un porte-parole du ministre Baird a indiqué que le Canada collaborera avec ses alliés, le mois prochain, pour obtenir un traité plus strict. «Le Canada est déterminé à garder les armes hors de la portée des criminels, des terroristes et de ceux qui violent les droits de la personne», a déclaré par courriel Rick Roth.

Il a toutefois prévenu que le Canada n'acceptera pas de traité qui imposerait un fardeau excessif aux chasseurs, aux fermiers ou aux propriétaires légitimes d'armes à feu.

«Un traité portant sur le commerce des armes ne devrait pas punir ceux qui, légalement, utilisent ou font le commerce des armes conventionnelles, a dit M. Roth. Il est important que (le traité) reconnaisse la légitimité du commerce international légal et responsable des armes conventionnelles, et qu'il respecte la propriété légale des armes par des citoyens responsables à des fins personnelles et récréatives, comme le tir sportif, la chasse et la collection.»

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