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Cambodge: un tribunal libère 13 femmes qui protestaient contre leur éviction

27/06/2012 03:54 EDT | Actualisé 27/08/2012 05:12 EDT

PHNOM PENH, Cambodge - Une cour d'appel cambodgienne a ordonné mercredi la libération de 13 femmes condamnées à deux ans et demi de prison pour avoir protesté contre leur éviction sans dédommagement adéquat, une affaire qui est largement considérée comme un exemple de justice rendue.

Les femmes ont crié de joie dans la salle, leurs partisans ont applaudi et les observateurs envoyés par les ambassades étrangères, notamment celle des États-Unis, ont souri quand le juge a annoncé sa décision. Des organisations cambodgiennes et internationales de défense des droits de la personne ont salué la libération des 13 femmes, mais ont estimé que la cour aurait aussi dû renverser les verdicts de culpabilité.

«Finalement, nous avons obtenu justice», a déclaré l'une des femmes, Heng Mom, en larmes. «À partir de maintenant, je pourrai voir mes enfants et vivre avec eux.»

Les 13 femmes vivaient dans les environs du lac Boueng Kak à Phnom Penh, un territoire que le gouvernement a cédé à une entreprise chinoise pour un projet commercial qui comprend un hôtel, des tours à bureaux et des logements de luxe. Les résidants de l'endroit affirment qu'ils n'ont pas reçu les nouveaux titres de propriété promis par le gouvernement.

Leur joie de mercredi a cependant été assombrie par un affrontement devant la cour entre la police et des partisans des 13 femmes, un rappel de la longue lutte des évincées contre un gouvernement qui ne tolère pas la dissension.

Environ 200 militants des droits de la personne et proches des 13 femmes ont tenté de se rassembler près de la cour pour exprimer leur appui, mais ils ont été bloqués par environ 300 soldats et policiers militaires chargés de les empêcher de passer. Des dizaines de personnes ont été blessées, selon des organisations de défense des droits de la personne.

Le juge Seng Sivutha a maintenu la condamnation des 13 femmes pour rébellion aggravée et occupation illégale de terres, pour lesquelles elles ont chacune été condamnées à deux ans et demi de prison. Elles ont été arrêtées alors qu'elles tentaient symboliquement de reconstruire leurs maisons sur les terres où elles vivaient avant leur éviction, en 2010.

Le juge a réduit leur peine au temps déjà purgé en prison, soit un mois et trois jours. Il a justifié sa décision par le fait que ces femmes doivent s'occuper de leurs enfants et qu'elles ne connaissent pas bien les lois. Elles ont été libérées mercredi.

Un communiqué commun signé par 13 organisations cambodgiennes a salué la libération des femmes, tout en déplorant que les verdicts de culpabilité aient été maintenu.

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