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Attentat contre une chaîne officielle en Syrie, Assad veut gagner la guerre

27/06/2012 05:19 EDT | Actualisé 27/08/2012 05:12 EDT

Un attentat contre le siège d'une télévision syrienne a fait trois morts mercredi, la première attaque contre des médias officiels depuis le début de la révolte, le président Bachar al-Assad se disant déterminé à gagner la "guerre" dans son pays.

A Genève, la Commission d'enquête de l'ONU a affirmé dans un rapport que les forces pro-Assad étaient responsables de nombreux morts dans le massacre de Houla en mai, alors que la répression et les combats ont fait encore 129 morts mardi, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

Divisés sur le sort à réserver à M. Assad, Moscou, allié du régime, et Washington, étaient toujours bloqués dans une impasse qui pourrait saboter une réunion samedi à Genève, voulue par l'émissaire Kofi Annan pour trouver une solution au conflit. La tenue de cette réunion n'est toujours pas confirmée.

Dans une attaque inédite contre une télévision officielle depuis le début de la révolte le 15 mars 2011, trois personnes ont été tuées dans une attaque contre la chaîne Al-Ikhbariya dans la région de Khan al-Chih, près de Damas, selon l'agence officielle Sana.

Qualifiant l'attentat de "terroriste", le ministre de l'Information Omrane al-Zohbi a précisé que le bâtiment avait été piégé et que les victimes, des journalistes et des employés, avaient été "exécutés".

"Tous ceux qui incitent à la violence, tous ceux qui font campagne contre la Syrie, que ce soit des médias, des responsables ou le Conseil de sécurité (de l'ONU), notamment ceux qui ignorent la présence d'hommes armés, assument l'entière responsabilité du crime", a-t-il accusé.

L'OSDH a fait état pour sa part d'"une attaque aux obus" contre le siège d'Al-Ikhbariya qui a continué à diffuser ses programmes.

Les radios et télévisions publiques sont visées par les dernières sanctions européennes, Bruxelles estimant que ces médias incitaient "à la violence contre la population civile en Syrie" et servaient "d'instrument de propagande au régime".

Le régime de Damas, qui ne reconnaît pas l'ampleur de la contestation qu'il assimile à du "terrorisme, accuse la majorité de la presse arabe et internationale de "parti pris" au moment où il impose des mesures draconiennes aux médias dans la couverture du conflit.

L'attaque intervient au lendemain de combats entre armée et rebelles près de la capitale, autour de positions de la Garde républicaine en charge de protéger Damas et ses environs. C'est la première fois que des combats aussi violents sont aussi proches de Damas, selon l'OSDH.

Des déserteurs de ce corps d'élite sont à l'origine de l'attaque contre Al-Ikhbariya ont affirmé des militants à l'AFP qui n'est pas en mesure de confirmer cette information.

Les rebelles mènent d'ailleurs des attaques de plus en plus audacieuses contre l'armée qui elle continue de bombarder intensément les bastions rebelles, y mène des perquisitions et des arrestations, selon les militants.

Selon l'OSDH, un hélicoptère a été abattu et trois véhicules militaires détruits mardi à Khan al-Soubol à Idleb (nord-ouest) et mercredi, des rebelles ont lancé une attaque près d'un aéroport militaire dans la région d'Alep (nord).

De leur côté les forces régulières pilonnaient des localités dans cette province et plusieurs quartiers tenus par les insurgés à Homs (centre).

"Nous vivons une véritable situation de guerre (...). Toutes nos politiques et tous les secteurs doivent être mis au service de la victoire dans cette guerre", a lancé M. Assad, maintenant son attitude de défi, devant la première réunion du nouveau gouvernement mardi.

Le président qui se targue du soutien d'une partie de la population affirme combattre des "groupes terroristes" armés alors que la révolte s'est militarisée face à la répression.

Néanmoins, Washington a affirmé que plusieurs signes montraient que le régime Assad perdait "lentement --trop lentement-- son emprise sur le pays".

Le Conseil national syrien (CNS), principal rassemblement de l'opposition, a dénoncé un "génocide" à Deir Ezzor (est) qui "ne fait pas exception des femmes et des enfants, déclarant l'ensemble de la province "sinistrée".

Mardi, l'ex-chef du CNS, Burhan Ghalioun, s'est brièvement rendu en Syrie pour passer quelques heures avec les rebelles à Idleb, frontalière de la Turquie. Le régime "s'effrite à tel point qu'il ne parvient plus à contrôler quoi que ce soit", a-t-il dit.

Face à l'escalade des violences, la Russie a dit accepter de participer à la réunion internationale prévue en principe samedi, tout en demandant que l'Iran, proche d'Assad mais bête noire des Occidentaux, y soit également invité. Washington a exprimé ses "réserves" vu le soutien de Téhéran au régime.

Depuis le début le 15 mars 2011 de la révolte contre le régime, plus de 15.000 personnes ont péri, selon l'OSDH.

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