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Afrique du Sud: l'ANC débat sur le "changement radical" de l'économie

27/06/2012 11:59 EDT | Actualisé 27/08/2012 05:12 EDT

Les débats autour de la future doctrine économique de l'ANC, au pouvoir depuis 18 ans en Afrique du Sud, se sont poursuivis mercredi à Johannesburg, au lendemain d'un bouillant discours du président Jacob Zuma sur la nécessité d'un changement "radical".

Les 3.500 délégués convoqués en "conférence nationale" se sont enfermés toute la journée en commissions, non ouvertes à la presse uniquement admise durant les pauses-café.

"Les discussions se passent très bien", a déclaré, laconique, le ministre de la Justice Jeff Radebe, l'un des coordinateurs.

Cette conférence se tient à six mois d'un congrès électif où Jacob Zuma, également président de l'ANC, pourrait être défiés par plusieurs prétendants visant sa place.

M. Zuma a appelé mardi son pays à entamer "une deuxième transition", économique, après la première réalisée à la fin du régime de la minorité blanche en 1994.

Son concept ne fait cependant pas que des heureux dans le parti, et ses appels à une accélération des changements économiques, notamment sur la redistribution foncière, inquiètent au dehors.

AfriForum, un lobby afrikaner, a estimé que l'ANC ferait mieux de balayer devant sa porte, évoquant "la corruption et l'incompétence du ministère de la réforme foncière".

Le Congrès national africain (ANC), parti centenaire, passé de la lutte pacifique à la lutte armée puis aux commandes gouvernementales, estime que les gains démocratiques sont menacés par la crise de l'emploi, la pauvreté d'une partie de la population et les inégalités héritées de l'apartheid.

"La structure de l'économie de l'apartheid est restée largement intacte", a lancé le chef de l'Etat en ouverture de la conférence. "La propriété de l'économie est toujours principalement aux mains des Blancs".

L'éducation, premier budget de l'Etat mais néanmoins toujours sinistrée, est cependant le meilleur contre-exemple opposable à l'ANC.

Le parti est ainsi forcé de reconnaître qu'il "connaît une crise de crédibilité", selon l'un des documents de la conférence.

"Bien que notre population reconnaisse notre succès dans l'avènement de la démocratie, des doutes commencent à poindre sur le fait de savoir si nous avons aussi la capacité à diriger et appliquer le programme de transformation économique et sociale dans les décennies prochaines", selon la même source.

Les débats doivent s'achever vendredi, avant de se poursuivre dans les allées du pouvoir et les conciliabules du parti jusqu'en décembre pour des décisions.

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