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Afghanistan: sans le Pakistan, la logistique de l'Otan trois fois plus chère (Washington)

27/06/2012 11:44 EDT | Actualisé 27/08/2012 05:12 EDT

La fermeture par Islamabad des routes de ravitaillement de l'Otan vers l'Afghanistan via le Pakistan occasionne des frais de transport trois fois plus importants, nécessitant le passage par le nord et la Russie, a affirmé mercredi un responsable américain.

"C'est presque trois fois plus cher de venir par le nord que depuis le Pakistan. Plus cher et plus lent", a confié le vice-amiral Mark Harnitchek, directeur de l'agence du Pentagone chargée de la logistique (DLA).

Le coût total pour transporter un conteneur depuis les Etats-Unis jusqu'en Afghanistan est "d'environ 20.000 dollars" en passant par le réseau de distribution nord, c'est-à-dire par la Russie puis l'Asie centrale.

Le coût via le port de Karachi puis à travers le Pakistan, voisin de l'Afghanistan, représentait "le tiers" de ce prix, a-t-il précisé devant des journalistes.

Le Pakistan interdit depuis sept mois le passage des convois routiers de l'Otan sur son territoire en représailles à la mort de 24 de ses soldats tués par erreur dans des frappes aériennes américaines contre un poste frontière pakistanais en novembre.

Le secrétaire américain à la Défense Leon Panetta avait affirmé au début du mois que le surcoût était de l'ordre de 100 millions de dollars par mois pour les Etats-Unis.

Entre 30 et 40% de l'essence utilisée par la coalition transitait par le Pakistan avant la fermeture des routes. Elle est désormais acheminée par le réseau nord. Quand à la nourriture, elle est convoyée par avion.

"C'était difficile au début et le nombre de jours de stocks a baissé. Mais maintenant, nos stocks d'essence et de nourriture n'ont jamais été aussi élevés", a assuré le vice-amiral Harnitchek.

Alors que le commandant des forces internationales en Afghanistan, le général John Allen est en visite au Pakistan, le porte-parole du Pentagone, George Little, a dit mercredi espérer un accord prochain avec Islamabad pour rouvrir les routes de ravitaillement.

"On peut être optimiste. Je pense que nous avons atteint un point dans notre relation avec le Pakistan qui laisse penser que les choses se tassent un peu", a-t-il affirmé, estimant qu'"il existe une base pour une sorte d'accord".

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