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Une journaliste de Bloomberg expulsée du Soudan

26/06/2012 01:19 EDT | Actualisé 26/08/2012 05:12 EDT

Une journaliste travaillant pour l'agence internationale Bloomberg, Salma El Wardany, a été expulsée mardi du Soudan après avoir été arrêtée pour sa couverture d'une manifestation estudiantine.

"Ils m'ont ordonné de partir", a déclaré à l'AFP par téléphone l'Egyptienne Salma El Wardany, alors qu'elle attendait, à l'aéroport de Khartoum, le départ de son vol à destination du Caire.

Son téléphone portable a ensuite été éteint et l'un de ses amis a indiqué à l'AFP que son avion avait décollé.

Mme Wardany avait été détenue cinq heures le 21 juin par des agents de la sûreté de l'Etat après son arrestation en train de couvrir une manifestation d'étudiants.

Elle a indiqué qu'après sa libération, qui n'avait été assortie d'aucune inculpation, les agents de la sûreté lui avaient interdit de travailler comme journaliste à moins d'une décision contraire du Conseil de la presse, un organisme gouvernemental de réglementation.

La journaliste a dit avoir été informée dans la journée de mardi de son expulsion, avec effet immédiat, alors qu'elle tentait d'obtenir un renouvellement de son permis de résidence.

Avant Mme Wardany, un correspondant britannique de l'Agence France-Presse, Simon Martelli, avait été arrêté le 20 juin alors qu'il couvrait une manifestation étudiante à Khartoum, et détenu pendant 12 heures avant d'être relâché.

Les autorités soudanaises sont actuellement confrontées à un mouvement de contestation initié le 16 juin par des étudiants de l'Université de Khartoum protestant contre la hausse des prix de l'alimentation.

La mobilisation a pris de l'ampleur après l'annonce le 18 juin d'un plan d'austérité sévère, et se traduit par une multitude de petites manifestations quasi-quotidiennes mais violemment réprimées par les forces de l'ordre.

Au 11e jour de ce mouvement, quelque 150 personnes ont ainsi manifesté à Kassala, une ville de l'est du pays, pour dénoncer la hausse des prix, ont indiqué à l'AFP des témoins de cette région pauvre. La police a tiré des gaz lacrymogènes pour les disperser, selon eux.

Les défenseurs de la liberté de la presse dénoncent régulièrement la censure au Soudan, avec des journalistes interdits d'écrire, des suspensions de publication, des arrestations ou des poursuites judiciaires. Selon eux, elle s'est aggravée depuis un an, sur fond de tensions entre le Soudan et le Soudan du Sud.

En janvier, un journaliste indépendant français, Mathieu Galtier, auteur d'un article évoquant une situation explosive dans l'est du pays, avait déclaré en avoir été expulsé avec une collègue par les autorités.

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