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Tour de France - Des contrôles antidopage plus réactifs

26/06/2012 06:18 EDT | Actualisé 26/08/2012 05:12 EDT

La lutte antidopage sur le Tour de France se veut moins prévisible et plus réactive, alors qu'elle fait face à des méthodes de l'ombre de plus en plus sophistiquées.

L'union des forces

Le temps des brouilles, qui avait donné un temps une image cafouilleuse de la lutte antidopage, est bien révolu. L'Union cycliste internationale (UCI), à qui incombe la responsabilité des contrôles des compétitions au calendrier international, a renoué sa collaboration avec l'Agence française de lutte contre le dopage (AFLD), l'agence sur le territoire de laquelle se déroule la compétition. Le dispositif implique aussi les douanes et les gendarmes de l'OCLAESP, l'Office central de lutte contre les atteintes à l'environnement et à la santé publique, qui ont le pouvoir de mener des fouilles, contrairement aux instances sportives.

Une stratégie ajustable

Dans les semaines précédant l'épreuve, propices aux cures de dopage à mini-dose, l'accent est mis sur les contrôles inopinés. Quarante-huit heures avant le coup d'envoi du Tour, les coureurs sont soumis jeudi à un test sanguin, qui viendra alimenter les données de leur passeport biologique. Pendant les trois semaines de l'épreuve, le porteur du maillot jaune et les vainqueurs d'étape doivent s'attendre à être escortés au poste antidopage après avoir franchi la ligne d'arrivée. Tous les athlètes peuvent aussi recevoir la visite impromptue des contrôleurs matin et soir à leur hôtel. "La stratégie est plus flexible. Avec l'AFLD, nous allons ajuster le tir au jour le jour", souligne Francesca Rossi, patronne de l'antidopage de l'UCI.

Le passeport comme mouchard

Les passeports biologiques, dans lesquels sont consignés tous les paramètres sanguins des coureurs (hématocrite, hémoglobine, réticulocytes, etc), permettent un meilleur ciblage des tests. "Le passeport d'un athlète est automatiquement mis à jour chaque fois qu'il subit un contrôle", insiste Francesca Rossi. Une unité spéciale du Laboratoire antidopage de Lausanne s'occupe de la gestion et du suivi des profils des coureurs. En cas de variations suspectes des valeurs sanguines d'un coureur, le profil est soumis à l'avis d'experts, qui peuvent recommander de diligenter un contrôle antidopage dans la foulée. "Lors du suivi du dernier Giro, ce système de ciblage s'est fait de manière très dynamique et très rapide", indique Neil Robinson, responsable de l'unité de gestion du passeport à Lausanne.

De nouveaux produits sous surveillance

"Nous sommes au courant des rumeurs selon lesquelles certains produits comme l'Aicar sont utilisés dans le peloton", prévient le président de l'UCI, Pat McQuaid. Avis aux utilisateurs de cette pilule miracle qui développe la musculation sans effort car l'Aicar fait déjà partie des substances dopantes recherchées lors des analyses. Un test de détection existe également pour l'hématide, une nouvelle variante d'EPO, qui vient d'être mise sur le marché.

Seringues interdites

Depuis un an, les injections sans stricte nécessité médicale sont interdites dans le cyclisme. Cette mesure, qui vise à mettre fin aux dérives d'une certaine conception de la médecine sportive, impose qu'un coureur respecte 48 heures de repos après une injection. Sur une course à étapes comme le Tour de France, cela le condamne automatiquement à l'abandon. "Depuis l'introduction de cette mesure, nous n'avons plus eu de cas de positivité aux glucocorticostéroïdes comme c'était dans le cas dans le passé", se félicite Mario Zorzoli, le conseiller scientifique de l'UCI.

stp/jm/gv

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