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Syrie: les rebelles et la garde républicaine s'affrontent en banlieue de Damas

26/06/2012 05:32 EDT | Actualisé 26/08/2012 05:12 EDT

BEYROUTH - De violents combats ont opposé des rebelles syriens à la garde républicaine mardi dans deux banlieues de Damas, ont annoncé des militants. Il s'agit de certains des affrontements les plus violents impliquant les forces spéciales qui gardent la capitale depuis le début du soulèvement contre le président Bachar el-Assad, en mars 2011.

Les affrontements ont éclaté près d'un complexe d'habitation et de bases de la garde républicaine dans les banlieues de Qudsaya et de Hammah, selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme, une organisation de l'opposition établie à Londres. Au moins six personnes ont été tuées dans les combats, affirme l'Observatoire.

La garde républicaine syrienne, qui est dirigée par le frère cadet du président El-Assad, Maher, a pour responsabilité de protéger la capitale, siège du pouvoir. Les affrontements de mardi laissent penser que les rebelles sont de plus en plus ambitieux dans leurs attaques contre le régime, après plus de 15 mois d'efforts pour le renverser.

Des combats éclatent régulièrement entre les rebelles et les militaires dans les banlieues de Damas, mais les forces présidentielles contrôlent fermement la capitale et il est très rare que des affrontements se déroulent près des bases de la garde républicaine. On ne sait pas ce qui a déclenché les affrontements.

L'agence de presse officielle syrienne SANA a confirmé qu'il y avait eu des combats dans ce secteur mardi, en affirmant que plusieurs dizaines d'hommes armés avaient attaqué des civils et des soldats à Hammah. Selon SANA, les forces gouvernementales ont tué ou arrêté plusieurs dizaines d'assaillants, parmi lesquels figuraient des combattants étrangers.

Les forces de l'ordre ont confisqué des armes automatiques, des grenades propulsées par des fusées et une grande quantité de munitions, affirme l'agence SANA.

L'Observatoire et les Comités locaux de coordination, un autre groupe de l'opposition, ont par ailleurs affirmé que des militaires avaient mené un raid mardi dans le quartier Barzeh à Damas, tuant au moins une personne. Ailleurs en Syrie, des tirs d'artillerie lourde sur la ville de Deir el-Zour, dans l'est du pays, ont fait au moins cinq morts, selon les deux organisations.

Le Conseil de l'Atlantique Nord, la plus haute instance gouvernante de l'OTAN, s'est réuni à Bruxelles mardi à la demande de la Turquie pour discuter de l'abattage d'un avion militaire turc par les forces syriennes la semaine dernière.

La Turquie a averti la Syrie de maintenir ses forces armées loin de la frontière commune entre les deux pays sous peine de riposte armée.

L'OTAN a exprimé son appui à la Turquie et a condamné la Syrie pour avoir abattu l'avion, mais n'est pas allée jusqu'à évoquer une action militaire, ce qui reflète la réticence de l'organisation à s'impliquer dans un conflit qui pourrait sombrer dans la guerre civile.

«Les règles de l'engagement des forces armées turques ont changé», a affirmé le premier ministre turc, Recep Tayyip Erdogan.

«Tout élément militaire qui approche de la frontière turque en provenance de la Syrie, en posant un risque et un danger au niveau de la sécurité, sera considéré comme une menace et traité comme une cible militaire», a-t-il déclaré.

Il a précisé que la violation des frontières dans la région n'était pas inhabituelle et a affirmé que les hélicoptères syriens avaient violé l'espace aérien turc à cinq reprises récemment, sans que la Turquie ne riposte. Les deux pays partagent une frontière de 910 kilomètres.

La réaction limitée de la Turquie face à l'incident de vendredi suggère que les autorités turques ne sont pas très favorables à l'idée de lancer des représailles violentes contre le voisin syrien.

Le secrétaire général de l'OTAN, Anders Fogh Rasmussen, a qualifié l'incident d'inacceptable et a affirmé que l'Alliance le condamnait «dans les termes les plus fermes». Il a exprimé sa solidarité avec la Turquie, mais sans évoquer une action de représailles.

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