NOUVELLES

Syrie: la mission de l'ONU reste suspendue en raison des violences

26/06/2012 11:39 EDT | Actualisé 26/08/2012 05:12 EDT

Le patron des opérations de maintien de la paix de l'ONU Hervé Ladsous estime que les conditions ne sont pas réunies pour une reprise des activités des observateurs de l'ONU en Syrie, ont rapporté mardi des diplomates.

Ces activités sont suspendues depuis le 16 juin en raison de la poursuite des violences, même si la Mission de supervision de l'ONU (Misnus) est restée sur place. M. Ladsous, qui s'adressait mardi au Conseil de sécurité, a souligné que les civils étaient "de plus en plus en danger" en Syrie et que les opérations militaires des deux camps se poursuivaient.

"Les conditions ne sont pas propices à une reprise des opérations", a-t-il jugé, cité par des diplomates. Pour M. Ladsous, "plus la violence continue, plus il est difficile pour la Misnus d'envisager de reprendre ses opérations".

Il a précisé que les quelque 300 observateurs militaires non armés allaient continuer à s'efforcer d'aider les organisations humanitaires à porter secours à la population.

Mais il a souligné que Damas refusait d'autoriser la Misnus à utiliser des téléphones satellitaires pourtant indispensables à sa mission. Le gouvernement syrien avait refusé aussi aux observateurs le droit d'utiliser leurs propres hélicoptères.

Depuis le 16 juin, les observateurs ont arrêté de patrouiller et ont restreint leurs contacts avec les protagonistes du conflit.

Ils avaient été déployés en avril pour superviser un cessez-le-feu préconisé par l'émissaire international Kofi Annan mais qui n'a jamais été respecté. A plusieurs reprises, ils avaient été empêchés de se rendre dans certaines régions et leurs véhicules avaient été pris pour cible.

Nasser al-Qidwa, l'adjoint de Kofi Annan, qui s'adressait lui aussi au Conseil par vidéoconférence mardi, a souligné qu'il n'y avait pour l'instant "aucun dialogue politique" en Syrie mais une militarisation croissante des violences, ont indiqué des diplomates.

Pour M. Al-Qidwa, les perspectives de solution politique seront "un élément clé" dans la décision que doit prendre le Conseil de renouveler ou non le mandat de la Misnus, qui expire le 20 juillet.

L'ONU envisage plusieurs options dont la plus probable selon des diplomates serait de réduire la Mission à un bureau de liaison civil.

Evoquant la réunion en préparation pour samedi à Genève d'un nouveau groupe de contact international sur la Syrie, M. al-Qidwa a estimé que ce groupe devrait définir "des lignes directrices pour une transition politique" et ne pas se contenter d'être un "lieu de discussion".

Mais toujours selon des diplomates à l'ONU, il n'y a pas encore de consensus sur une telle transition ni même sur la composition du groupe.

La réunion de Genève devrait rassembler les cinq membres permanents du Conseil de sécurité (Etats-Unis, Russie, Chine, France et Grande-Bretagne), ainsi que des Etats de la région qui ont une influence sur les protagonistes en Syrie.

L'ambassadeur russe à l'ONU, Vitali Tchourkine a indiqué mardi que le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov avait accepté d'y participer.

Il a ajouté que "les discussions se poursuivaient sur une participation de l'Iran", à laquelle Moscou est favorable mais que Washington notamment refuse. Il a qualifié d'"extrêmement sombre" la description faite par MM. Ladsous et al-Qidwa de la situation en Syrie.

Les Occidentaux, a expliqué M. Tchourkine, sont moins enclins que Moscou à se rendre à Genève car "ils pensent qu'il faut avoir une idée plus claire du résultat" d'une telle réunion.

L'ONU à Genève n'avait toujours pas reçu, mardi, de confirmation de la tenue de cette réunion.

Selon l'ambassadeur français Gérard Araud, Nasser al-Qidwa a annoncé que "M. Annan prendrait la décision de convoquer ou non cette réunion" dans la nuit de mardi à mercredi.

M. Araud a aussi indiqué que la France avait réclamé que la Haut-commissaire de l'ONU aux droits de l'homme Navi Pillay rende compte bientôt de la situation en Syrie devant le Conseil, une manière de maintenir la pression sur Damas.

avz/mdm

PLUS:afp