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Les républicains contestent le soutien d'Obama à son ministre Eric Holder

26/06/2012 06:19 EDT | Actualisé 26/08/2012 05:12 EDT

A deux jours d'un vote crucial au Congrès sur le sort du ministre américain de la Justice Eric Holder, les élus républicains ont contesté mardi la procédure invoquée par le président Obama en soutien à son ministre, accusé d'"outrage" dans un scandale de trafic d'armes.

Darrell Issa, président républicain de la commission parlementaire chargée de superviser les activités du gouvernement, a demandé au président américain, dans une lettre, de retirer sa décision d'invoquer "le privilège de l'exécutif" pour justifier la position de M. Holder.

Cette commission, qui mène depuis février 2011 une enquête sur un trafic d'armes au Mexique, a voté la défiance au ministre américain et renvoyé son rapport devant la Chambre pour un vote jeudi en séance plénière.

Elle estime que M. Holder s'est rendu coupable d'"outrage au Congrès" en refusant de remettre des documents qu'elle réclame pour l'enquête.

L'opération "Fast and Furious", menée en 2009 par les services américains de lutte contre la contrebande, qui dépendent du ministère de la Justice, a tourné au fiasco quand 2.000 armes ont été perdues, dont certaines étaient tombées aux mains des cartels de la drogue au Mexique avant d'être retrouvées sur la scène du crime d'un garde-frontière américain.

"Votre invocation du privilège peut avoir deux significations", a écrit l'influent élu républicain dans sa lettre rendue publique mardi. "Soit vous ou vos plus hauts conseillers êtes impliqués dans l'opération +Fast and Furious+ et ses conséquences, (...) soit vous avez recours au pouvoir discrétionnaire du président que vous savez injustifié, seulement pour faire obstruction à l'enquête du Congrès", a-t-il ajouté.

"Les tribunaux ont constamment statué que le recours au privilège constitutionnel de l'exécutif (...) n'est applicable que pour des documents et des communications relatifs à la confidentialité du processus de décision du président", a poursuivi M. Issa.

De son côté, le porte-parole du président Obama, Jay Carney, a accusé les républicains de vouloir éclabousser la Maison Blanche avec ce scandale pour "marquer des points politiques" avant la présidentielle de novembre.

"Cela aurait pu être facilement résolu", a-t-il dit à bord d'Air Force One, mais "je pense que cela montre la nature politique évidente de cette tentative menée par les républicains de la Chambre".

La Chambre doit procéder au vote jeudi, jour d'une autre décision cruciale pour M. Obama: celle de la Cour suprême sur le sort de sa réforme sur l'assurance-maladie.

chv/lor

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