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La situation économique et sociale des Autochtones s'améliorerait

26/06/2012 03:45 EDT | Actualisé 26/08/2012 05:12 EDT

OTTAWA - Un nouveau rapport sur le niveau de vie des peuples autochtones du Canada indique que l'écart entre eux et les autres habitants du pays crève les yeux mais n'est pas aussi important que par le passé.

Le document, commandé par le gouvernement fédéral, vise à établir une norme pour des comparaisons futures entre le niveau de vie des Autochtones et celui des non-Autochtones.

L'étude établit également une série d'objectifs à atteindre pour en finir avec cet écart d'ici 10 ans — des objectifs audacieux mais réalisables, estime le président du groupe d'étude, le chef Clarence Louie.

«Alors que plusieurs trouvent ces cibles ambitieuses, le Conseil estime que des efforts communs de toutes les parties peuvent permettre de les atteindre», a-t-il déclaré.

Le Conseil national de développement économique des autochtones a été créé en 1990; il a consacré les dernières années à la confection du rapport, qualifié de première véritable tentative pour mesurer la participation des Premières nations, des Métis et des Inuits à l'économie canadienne.

Le rapport indique que les Autochtones sont davantage intégrés au marché du travail, et que le taux de diplomation au secondaire s'accroît même s'il reste beaucoup moins important que chez les non-Autochtones, particulièrement en ce qui concerne les Inuits et les membres des Premières nations vivant dans des réserves.

Selon Dawn Madahbee, vice-présidente du Conseil, il est cependant non seulement possible d'atteindre cet objectif, mais également impératif de le faire.

«Ce que nous tentons de faire est de démontrer un peu d'espoir ici», a-t-elle dit.

Un porte-parole du ministre des Affaires autochtones John Duncan a indiqué qu'Ottawa étudiera le rapport, mais le gouvernement n'est pas allé jusqu'à endosser l'objectif d'équité d'ici 10 ans.

Mme Madahbee n'a pas perdu de temps à répliquer.

«Nous croyons que nous devons atteindre ces cibles. Nous devons être au même niveau que le Canada traditionnel, et nous croyons que c'est possible», a-t-elle affirmé.

Mais le rapport montre également que le taux de chômage est généralement plus haut parmi les autochtones, particulièrement chez les membres des Premières nations demeurant sur les réserves, et que les revenus sont également nettement plus basé.

Le taux de chômage est également environ deux fois plus élevé que la norme du reste du pays, tandis que les revenus varient de moins de la moitié jusqu'aux deux tiers de la moyenne nationale, selon les communautés.

Les revenus auraient cependant augmenté de 2,2 pour cent entre 1995 et 2005, plus rapidement qu'ailleurs au Canada, où la progression a été de 1,46 pour cent.

En termes d'infrastructures, les conditions de vie dans les communautés autochtones sont de loin pires que partout ailleurs. Près de la moitié des réserves des Premières nations et 31 pour cent des communautés inuites ont fait état de problème de qualité de l'eau. La surpopulation est un problème fréquent.

«Nous ne cachons pas la vérité derrière une couche de vernis. Il s'agit de la réalité dans laquelle nous vivons», a déclaré Mme Madahbee.

Le rapport s'est largement appuyé sur les données du dernier recensement, puisque les plus récentes données de Statistique Canada n'incluent pas d'informations sur les membres des Premières Nations vivant dans des réserves. L'inclusion des données sur les populations vivant dans des réserves aurait grandement assombri le bilan.

Une autre étude, plus récente, a permis de constater que le chômage chez les Autochtones était supérieur de 5,6 pour cent au taux chez les non-Autochtones entre 2007 et 2011.

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