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Haïti: les viols se traduisent rarement par des poursuites judiciaires

26/06/2012 07:48 EDT | Actualisé 26/08/2012 05:12 EDT

PORT-AU-PRINCE, Haïti - Les poursuites judiciaires dans les cas de viol restent rares en Haïti, affirment les Nations unies dans un rapport rendu public mardi.

L'étude de la Mission des Nations unies pour la stabilisation en Haïti (MINUSTAH), menée en collaboration avec des responsables policiers et judiciaires, a examiné un échantillon de 62 plaintes pour viol déposées dans une période de trois mois en 2010 dans cinq commissariats de police de la région métropolitaine de Port-au-Prince. Le rapport souligne qu'il s'agit d'un petit échantillon comparativement aux quelque 500 cas de viol enregistrés dans la capitale en 2010 par les organisations de défense des droits des femmes.

Un an après avoir été déposées auprès de la police, aucune des 62 plaintes ne s'est traduite par des poursuites judiciaires, affirme le rapport.

Le bureau du procureur à Port-au-Prince n'a analysé que 25 des 62 plaintes et a ordonné aux autorités judiciaires d'enquêter sur 11 d'entre elles.

Quatre des 11 cas ont été jugés non fondés, tandis que les autres font toujours l'objet d'une enquête. En décembre 2011, seul un dossier avait été référé en procès, mais la première audience n'a toujours pas eu lieu.

Le rapport a aussi identifié d'autres problèmes.

Les poursuites judiciaires dans les cas de viol sont difficiles notamment parce qu'il n'y a pas d'information précise à ce sujet à Port-au-Prince. Il n'y a pas de base de données nationale sur les viols, ce qui signifie que les chiffres du gouvernement, des organisations humanitaires et de l'ONU sont incomplets.

Les auteurs du rapport affirment que de nombreux registres ont été perdus dans le séisme de janvier 2010, qui a détruit des centaines d'édifices, dont des bureaux gouvernementaux et des commissariats de police. Des groupes de défense de la personne ont tiré la sonnette d'alarme face au nombre de viols inhabituellement élevés dans les camps temporaires mis sur pied après le séisme.

Le rapport souligne que les policiers et les autorités judiciaires n'ont pas les ressources les plus élémentaires pour faire leur travail, comme des ordinateurs, du matériel de bureau et des véhicules.

Le rapport recommande au gouvernement haïtien d'octroyer plus d'argent aux institutions qui viennent en aide aux femmes, notamment le ministère des Droits des femmes. Seulement 1,4 pour cent du budget national a été alloué à ce ministère dans la proposition de budget 2011-2012.

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