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Égypte: Ahmed Shafiq, visé par une enquête pour corruption, a quitté le pays

26/06/2012 11:12 EDT | Actualisé 26/08/2012 05:12 EDT

LE CAIRE, Égypte - L'ancien premier ministre égyptien Ahmed Shafiq, défait au second tour de l'élection présidentielle par l'islamiste Mohammed Morsi, a quitté l'Égypte avec une grande partie de sa famille mardi, quelques heures après l'ouverture d'une enquête pour corruption le visant.

Le procureur général a ouvert une enquête concernant des allégations selon lesquelles Ahmed Shafiq aurait gaspillé des fonds publics pendant les huit années qu'il a passées comme ministre de l'Aviation civile, à l'époque où l'ancien président Hosni Moubarak était au pouvoir.

Selon un responsable aéroportuaire, Ahmed Shafiq a pris l'avion pour Abou Dhabi à l'aube avec deux de ses trois filles et trois de ses petits-enfants.

Son équipe de campagne a déclaré au quotidien «Al-Masry al-Youm» qu'il était parti pour un court séjour et qu'il reviendrait après avoir effectué un pèlerinage à La Mecque. Il prévoit ensuite lancer un nouveau parti politique, selon la même source.

Plusieurs membres du régime de Moubarak ont trouvé refuge aux Émirats arabes unis depuis la chute de l'ancien président l'an dernier.

Le procureur général d'Égypte a ouvert une enquête lundi sur ces allégations de corruption. Selon des médias égyptiens, Ahmed Shafiq devait être interrogé dans les prochains jours. Pendant la campagne présidentielle, ce dernier a démenti toutes les allégations de corruption lancées contre lui.

Le tribunal administratif du Caire a par ailleurs annoncé mardi qu'il reportait au 7 juillet son jugement sur la légalité de la dissolution du Parlement égyptien, annoncé le 14 juin par la Cour constitutionnelle.

Le recours intenté par plusieurs députés devait initialement être examiné mardi. Le tribunal administratif a également reporté au 1er septembre sa décision concernant le démantèlement de la commission de 100 membres nommés par le Parlement pour rédiger une nouvelle Constitution.

Après la dissolution du Parlement par la Cour constitutionnelle, le Conseil suprême des forces armées, à la tête de l'Égypte depuis la démission d'Hosni Moubarak, a repris le pouvoir législatif et le contrôle du budget national. Les militaires se sont également donné les moyens de rédiger à leur avantage la future Constitution, afin d'encadrer strictement les pouvoirs du nouveau président, l'islamiste Mohammed Morsi.

Adoptée le soir du second tour de l'élection présidentielle, le 17 juin, la déclaration constitutionnelle confère à l'armée le pouvoir de nommer le ministre de la Défense et lui donne préséance sur les questions militaires, de sécurité et les affaires étrangères.

En l'absence de Parlement, l'investiture de Mohammed Morsi doit avoir lieu devant la Cour constitutionnelle, l'instance même qui a dissous le Parlement à majorité islamiste issu des premières élections législatives post-Moubarak.

D'après le porte-parole de M. Morsi, Yasser Ali, des consultations sont en cours pour résoudre le dilemme et lui éviter d'avoir à prêter serment devant la Cour constitutionnelle.

Le tribunal administratif du Caire a par ailleurs annoncé la suspension d'un décret gouvernemental adopté le 13 juin, qui autorisait de nouveau la police militaire et les services de renseignement à arrêter des civils, y compris pour de simples infractions routières. Cette disposition avait disparu avec l'expiration, à la fin du mois de mai, de l'état d'urgence instauré en 1981, et l'opposition a dénoncé un retour déguisé à la loi martiale.

Selon un responsable du tribunal administratif, la suspension du décret fait suite à des recours déposés par des députés. Le gouvernement a la possibilité de faire appel.

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