NOUVELLES

En Grèce comme en Chine, le capital olympique sommeille

26/06/2012 06:41 EDT | Actualisé 26/08/2012 05:12 EDT

Ni la Grèce, ni la Chine n'ont rentabilisé leurs pharaoniques installations olympiques de 2004 et 2008, avec des conséquences cependant bien différentes sur l'économie des deux pays.

Alors que l'on parle volontiers de gabegie et d'éléphants blancs pour Athènes, qui a englouti quelque 10 milliards d'euros dans ses Jeux dont la plupart des sites sont aujourd'hui à l'abandon, la situation de Pékin semble bien plus enviable, même si les somptueuses installations restent tout aussi vides.

Chef d'oeuvre architectural d'un ensemble de réalisations olympiques estimé à 40 milliards d'euros, le célèbre Nid d'oiseau pékinois n'a quasiment pas servi depuis la cérémonie de clôture des Jeux, fin août 2008.

En tout cas, pas servi en tant que stade. Visité par des milliers de touristes chinois et étrangers chaque jour, il est considéré par les autorités comme le symbole de la réussite des Jeux.

"Les autorités chinoises font en sorte que les sites olympiques conservent l'image prestigieuse des JO-2008 et donc que les événements qui s'y déroulent soient au diapason", explique Paul Renner, président d'Helios Partners Chine, expert en marketing sportif.

Pour cela, il faudra donc attendre 2015 et les championnats du monde d'athlétisme pour que le Nid d'oiseau et ses 80.000 places revivent une fièvre un brin comparable à celle d'août 2008. A côté, la piscine olympique partage le même destin, ouverte sur une toute petite partie au public et conservée pour le reste à l'état de musée des exploits de Michael Phelps.

Mais La Chine, avec sa forte croissance, peut se permettre ce qui plombe l'économie grecque.

Huit ans après les Jeux, les installations d'Athènes ne servent pas moins que celles de Pékin mais l'impact sur l'économie des dépenses liées aux Jeux est incommensurablement plus puissant en Grèce.

"L'effet JO sur un PIB, c'est marginal. Même pour la celui de la Grèce. En revanche, sur la dette, il est communément admis que les JO de 2004 ont creusé celle du pays", juge Jean-Louis Chappelet, professeur de management public a l'Universite de Lausanne (Suisse), citant les aveux du président du CIO, Jacques Rogge, qui avait admis fin 2011 que "la dette grecque avait cru de 2 à 3% en raison du coût des JO".

"Le problème en Grèce, ce ne sont pas seulement les éléphants blancs, mais la facture du système de sécurité exigé à l'époque par les Etats-Unis", qui avait coûté plus d'un milliard de dollars, reprend M. Chappelet. Les Jeux d'Athènes étaient les premiers après le 11 septembre 2001...

"C'est aussi le système de pots-de-vin et le manque de planification de l'utilisation post-olympique des sites", souligne-t-il.

Les Chinois, eux, avaient intégré dès avant 2008 que leur parc olympique deviendrait avant tout un musée à leur gloire.

cha/pga/gv

PLUS:afp