ELLIOT LAKE, Ont. - Une délicate opération de secours dans un centre commercial qui s'est affaissé dans une petite municipalité du nord de l'Ontario, samedi, et où au moins deux personnes sont toujours emprisonnées, a connu un nouveau contretemps.

Des responsables ont fait savoir, mardi soir, qu'un imposant bras robotique a été incapable d'atteindre, via un trou dans le plafond, un escalier mécanique instable afin de le déplacer pour permettre aux secouristes d'entrer au Centre commercial Algo à Elliot Lake, une municipalité sise à 160 km à l'ouest de Sudbury.

La machine s'affairait à arracher méthodiquement des morceaux de la façade de l'édifice et certains des décombres à l'intérieur dans le but de créer un chemin d'accès.

«C'est un peu comme lorsque vous tendez le bras dans le placard et que vous deviez déplacer toutes les tasses pour prendre celle qui se trouve dans la rangée du fond», a expliqué Dan Heskey, commissaire à la sécurité communautaire de l'Ontario.

«Il s'agit du retrait chirurgical de certains morceaux afin d'entrer à l'intérieur et déplacer (l'escalier mécanique), comme le prévoyait la stratégie.»

Pendant ce temps, des secouristes membres d'une équipe de spécialiste provenant de Toronto demeuraient en état d'alerte, attendant que la structure soit suffisamment sécuritaire pour y entrer.

L'opération de démolition contrôlée se voulait la plus récente tentative de venir à la rescousse de toute personne qui serait toujours en vie.

Alors que certains résidants applaudissaient les efforts, d'autres s'inquiétaient du fait que le retrait de morceaux de l'édifice ne mettent en danger la vie de ceux qui se trouvent toujours sous les décombres et qui s'accrochent à la vie.

L'imposant engin de couleur jaune, dont la portée s'élève à 45 mètres et qui a nécessité trois camions pour le transporter de Toronto, était arrivé au centre commercial plus tôt mardi le long d'une route conçue expressément pour lui.

Une fois que les délicates sections d'édifice seront déplacées, des ingénieurs évalueront le niveau de stabilité de l'édifice avant de permettre aux chiens-renifleurs et aux secouristes d'y entrer.

Bill Neadles, de l'équipe de Recherche et sauvetage en milieu urbain à l'aide d'équipement lourd, a expliqué que l'escalier mécanique dangereusement instable qui avait contraint les secouristes à rebrousser chemin lundi doit être abattu de manière à retomber loin des deux victimes emprisonnées par les débris.

«Une fois que cette machine sera en place devant le bâtiment, le bras robotisé pourra atteindre le dessus de la structure et la faire s'effondrer sur le sol, avait-il expliqué. On dirait qu'il s'agit de choses qui se produisent dans la série de robots "Transformers", mais c'est exactement ce que l'on m'a assuré que la machine pouvait accomplir.»

Les secouristes comptaient ensuite pouvoir dégager un accès à partir de la porte dans le coin sud du centre commercial. M. Neadles a révélé que les deux victimes sont coincées à moins de 12 mètres de cette porte.

Mais des responsables ont avisé que les probabilités de retrouver des survivants devenaient de plus en plus minces.

Personne n'a décelé des signes de vie depuis lundi matin, a confié M. Neadles, ajoutant que le pronostic n'était pas positif.

La mort d'au moins une personne a été confirmée après l'effondrement du toit du centre commercial, samedi après-midi. Plus de 20 personnes ont été blessées, mais aucune de façon sérieuse. Pendant ce temps, le nombre de disparus a été réduit à 12, ont indiqué des responsables mardi.

Les recherches avaient été interrompues lundi en raison de craintes d'un second effondrement, même si les secouristes avaient détecté des signes de vie dans les décombres quelques heures plus tôt.

La nouvelle de l'abandon des recherches avait secoué et irrité les résidants de la région, qui s'étaient rapidement rassemblés à l'hôtel de ville pour exprimer leur mécontentement. Les secouristes avaient repris les recherches après l'intervention de M. McGuinty, lundi.

Mardi matin, au moins 70 personnes s'étaient portées volontaires pour participer aux opérations de secours, dont une trentaine d'anciens mineurs.

La liste des bénévoles comprend au moins une trentaine d'anciens mineurs, ainsi qu'une dizaine de jeunes gens désireux de déplacer des débris.

Le premier ministre ontarien Dalton McGuinty a mentionné qu'il ne comptait pas se rendre sur les lieux de l'accident, mais qu'il le ferait si cela pouvait accélérer les efforts de recherche et de sauvetage.

«Je ne crois pas que ce soit le cas, donc je ne me déplacerai pas pour l'instant», a-t-il fait savoir.

Certaines personnes se sont cependant montrées dubitatives à propos de la réponse du gouvernement provincial à la catastrophe. Le maire d'Elliot Lake a indiqué que le premier ministre ne l'avait pas appelé avant tard lundi, deux jours après l'effondrement, et que le coordonnateur provincial des services d'urgence n'était pas non plus arrivé avant cette date.

Selon M. McGuinty, qui se trouvait à Sudbury le jour où le toit s'est effondré, il n'est cependant pas l'heure de lancer des reproches.

«Je crois que nous devons actuellement nous concentrer sur faire tout ce que nous pouvons pour aider ces gens», a-t-il affirmé.

Le chef de l'opposition conservatrice, Tim Hudak, a repris les commentaires du premier ministre, affirmant que la volonté de M. McGuinty de retrouver des survivants était une «réaction humaine naturelle».