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«Cloclo»: Jérémie Rénier entre dans la peau du chanteur Claude François

26/06/2012 10:16 EDT | Actualisé 26/08/2012 05:12 EDT

PARIS - Le 11 mars 1978, Claude François décède accidentellement à l'âge de 39 ans, électrocuté dans sa baignoire, provoquant des crises d'hystérie chez certaines de ses fans. Dans «Cloclo: la fabuleuse histoire de Claude François» (sortie vendredi dans les salles au Québec), Florent-Emilio Siri ressuscite cette grande star de la chanson française, de son enfance à se mort, grâce à l'interprétation très convaincante de Jérémie Rénier, qui ressemble suffisamment à l'artiste pour se faire oublier derrière son personnage.

Après Edith Piaf («La vie en rose», d'Olivier Dahan) et Serge Gainsbourg («Gainsbourg, vie héroïque», de Joann Sfar) notamment, c'est donc au tour de Claude François de faire l'objet d'un film biographique. Le personnage en valait la peine. D'abord parce qu'il a vendu 67 millions de disques et que «My Way», l'adaptation de «Comme d'habitude», est sans doute l'une des chansons les plus connues au monde, avec 2000 versions différentes. Mais aussi parce que le chanteur, adulé ou détesté, a connu un itinéraire tout à fait romanesque.

Son succès, il l'a en tous cas gagné à la sueur de son front. Né en Égypte, rien ne le prédestinait à faire de la chanson son métier. Pas de famille dans le show-business, pas de connaissances particulières. Après la nationalisation du canal de Suez en 1956, sa famille doit fuir l'Égypte et s'installe à Monte-Carlo. Travailleur acharné, perfectionniste, il veut réussir dans la musique malgré l'opposition de son père, ce qui provoque une brouille totale entre les deux hommes, qui ne se réconcilieront jamais. Ce qui marquera à vie la star. Claude devient batteur, puis chanteur, et monte à Paris pour faire une carrière qu'il imagine déjà brillante.

Les débuts sont difficiles, mais à force de travail et de conviction, la réussite finit par arriver et il va devenir une vedette, adulée surtout par les jeunes filles, dont certaines n'hésitent pas à passer des heures devant son domicile pour l'apercevoir. Sa vie privée est très chaotique. Il se montre terriblement jaloux, collectionne les femmes, cache pendant longtemps l'existence de son deuxième fils, peut se montrer odieux avec son entourage... Mais dans sa vie professionnelle, il ne laisse rien au hasard.

Ce sont les producteurs Cyril Colbeau-Justin et Jean-Baptiste Dupont qui ont initié le projet du film. Ils ont proposé l'idée à Florent-Emilio Siri («L'ennemi intime», «Otage») qui a vu tout de suite l'intérêt de faire un long métrage sur ce personnage au destin hors du commun qui a réussi à vivre de sa passion. «C'était un précurseur à plein de niveaux: il a été le premier à créer un fan club, à imposer des gens de couleur à la télévision française», raconte-t-il, faisant référence aux célèbres «Clodettes».

Le cinéaste a alors fait appel à Julien Rappeneau pour rédiger le scénario, puis à Jérémie Rénier pour tenir le rôle principal, entre 17 et 39 ans. «Pas seulement pour la ressemblance, mais pour son immense talent et sa capacité de travail», souligne Florent-Emilio Siri.

Jérémie Rénier, qui a travaillé pendant cinq mois avec différents coaches pour se perfectionner en chant, en batterie, en percussions et en danse, est entouré notamment par Benoît Magimel (presque méconnaissable en Paul Lederman), Ana Girardot, Joséphine Japy, Marc Barbé et Eric Savin. Et comme il cherchait aussi des nouveaux talents, le réalisateur a rencontré quelque 400 acteurs parmi lesquels il a retenu Monica Scattini, une actrice italienne qui incarne la mère de Claude François.

Certaines scènes sont particulièrement marquantes, comme quelques moments de la liaison mouvementée avec France Gall (interprétée par Joséphine Japy), ou quand le chanteur croise Frank Sinatra, qui interpréta la version en anglais de «Comme d'habitude».

Décors, costumes, coiffures: Florent-Emilio Siri n'a rien laissé au hasard pour reconstituer l'atmosphère des années «Cloclo». Ceux qui ne sont pas des inconditionnels du chanteur en apprendront beaucoup sur lui, notamment sur ses excès en tous genres, et son côté enfant gâté qui ne supportait pas qu'on lui résiste.

Le film est un peu long (2h28), assez classique dans sa réalisation, avec moins de souffle que «La vie en rose». Mais il réussit à accrocher, notamment grâce aux scènes d'enregistrements et de spectacles parfaitement reconstitués. Et la musique, signée Alexandre Desplat, tient évidemment une place essentielle.

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