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Aung San Suu Kyi n'éprouve pas de rancune envers les militaires de son pays

26/06/2012 07:26 EDT | Actualisé 26/08/2012 05:12 EDT

PARIS - La chef de file de l'opposition birmane, Aung San Suu Kyi, a déclaré mardi qu'elle n'entretenait aucune rancune envers le régime militaire qui l'a maintenue en résidence surveillée pendant 15 ans. Elle considère plutôt les militaires comme un groupe avec lequel elle peut travailler pour faire avancer son pays vers la démocratie.

Lors d'une conférence de presse à Paris dans le cadre de sa tournée européenne, l'opposante a affirmé qu'elle se concentrait sur des questions pratiques, et non «sur des idées abstraites de justice».

Aung San Suu Kyi s'est adressée à la presse après avoir rencontré le président français François Hollande, au premier jour de sa visite en France, qui doit durer quatre jours.

Elle s'est précédemment rendue en Suisse, en Norvège, en Irlande et au Royaume-Uni dans la cadre de sa première visite en Europe en 24 ans.

La lauréate du prix Nobel de la paix est considérée comme un symbole de courage et d'espoir face au régime militaire qui a dirigé la Birmanie pendant 49 ans, jusqu'à l'an dernier.

Élue députée, elle tente maintenant d'aider son pays à progresser vers la démocratie. Le pragmatisme semble être son mot d'ordre.

«Je n'éprouve aucune rancune envers le régime militaire», a-t-elle affirmé. «Je ne pense jamais à eux en me disant que ce sont ces gens qui m'ont placée en résidence surveillée pendant aussi longtemps. Ce n'est pas la façon de permettre la réconciliation nationale. Je pense à eux comme à des gens avec lesquels j'aimerais travailler pour permettre des réformes dans notre pays.»

À ses côtés, le président François Hollande a déclaré que la France avait l'intention de soutenir toutes les personnes impliquées dans le processus démocratique en Birmanie afin que le pays atteigne le stade «de la démocratie pleine et entière».

Il a prévenu que la France resterait vigilante devant les transactions financières et les projets industriels que la Birmanie espère attirer.

On ne sait pas s'il faisait référence au géant pétrolier français Total, qui a fait l'objet de critiques pour sa présence en Birmanie pendant des décennies sous le régime militaire.

Mme Suu Kyi a déclaré qu'elle voulait des investissements qui protègent la démocratie, les droits de la personne et l'environnement en Birmanie.

«Nous voulons donner à tout le monde l'occasion de se lancer dans des investissements qui renforcent le processus démocratique», a déclaré l'opposante.

Mercredi, Aung San Suu Kyi doit participer à un débat-conférence avec 1400 étudiants de la Sorbonne, à Paris. Elle rencontrera aussi le ministre français des Affaires étrangères, Laurent Fabius, et plantera un «arbre de la liberté» dans les jardins du ministère. Elle recevra également le titre de citoyenne honoraire de Paris qui lui a été décerné en 2004.

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