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Algérie: une journaliste condamnée à deux mois ferme pour diffamation

26/06/2012 01:26 EDT | Actualisé 26/08/2012 05:12 EDT

Une journaliste d'un quotidien régional algérien, Akher Sâa, a été condamnée lundi à deux mois de prison ferme pour diffamation, bien que le délit de presse soit dépénalisé depuis fin 2011, a dénoncé mardi le Syndicat national des journalistes algériens (SNJ).

Fatma-Zohra Amara a été aussi condamnée à payer 20.000 dinars (200 euros) d'amende et à verser 100.000 dinars (1.000 euros) au titre de dommages et intérêts au plaignant, l'ancien responsable de l'hôpital d'Annaba (600 km à l'est d'Alger), a précisé le SNJ dans un communiqué transmis à l'AFP.

Il est reproché à cette journaliste d'avoir rapporté dans les colonnes du quotidien Akher Sâa (Dernière heure) "les minutes du procès de l'ex-directeur de l'hôpital en question, accusé de harcèlement sexuel par une employée de cet établissement", a précisé le journal dans un communiqué.

Pour le SNJ, "ce verdict, prononcé par le tribunal de Annaba est d'autant plus surprenant que le code de l'information ne prévoit plus des peines d'emprisonnement pour délit de presse depuis la révision de cette loi en novembre 2011".

Mme Amara s'est déclarée "très choquée par la sévérité de la condamnation, surtout que le président Abdelaziz Bouteflika s'était engagé à garantir la liberté de la presse et d'expression et que le parlement a adopté une loi dépénalisant le délit de presse". "Je ferai appel de cette décision jeudi", a-t-elle déclaré à l'AFP.

Selon le syndicat, un autre journaliste du quotidien La nouvelle République a déjà été condamné il y a dix jours à deux mois de prison ferme et 500 euros d'amende par le tribunal de Mascara (360 km à l'ouest d'Alger) pour diffamation envers la directrice départementale des impôts.

Le SNJ, un syndicat autonome qui revendique un millier d'adhérents, a appelé à "la cessation immédiate de cette cabale judiciaire à l'encontre de femmes et hommes des médias". Il s'interroge, "légitimement, sur les motifs de cette subite tentation de retour aux années de plomb", période pendant laquelle plusieurs journalistes avaient été condamnés à des peines d'emprisonnement pour diffamation ou outrage à institutions ou corps constitués dans les années 2000.

Le parlement algérien a adopté fin 2011 une nouvelle loi sur les médias prévoyant une dépénalisation du délit de presse, dans le cadre de réformes politiques menées sous l'égide du président Bouteflika dans la foulée des révoltes arabes.

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