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Afrique du Sud : obsèques d'Etat pour un célèbre chef des bushmen

26/06/2012 12:12 EDT | Actualisé 26/08/2012 05:12 EDT

L'Afrique du Sud a décidé d'organiser des funérailles d'Etat pour son plus célèbre leader des bushmen Dawid Kruiper, décédé à 71 ans, qui sera inhumé dans le désert du Kalahari, ont annoncé mardi les autorités.

Dawid Kruiper, à la silhouette menue et élancée, célèbre pour son intervention en 1994 à la tribune de l'ONU à Genève au nom des peuples indigènes, a obtenu cinq ans plus tard la restitution historique de terres pour sa communauté.

Ses obsèques auront lieu samedi à Witdraai, dans la province du Cap Septentrional (nord-ouest), près du parc transfrontalier du Kalahari.

Le gouvernement sera représenté par le ministre des Affaires traditionnelles Richard Baloyi, puis "Dawid Kruiper sera inhumé aux côtés de son épouse dans les dunes du Kalahari", selon un communiqué du gouvernement sud-africain.

"Environ 2.000 personnes de tout le pays et de Namibie voisine sont attendues pour ces funérailles, dont des leaders traditionnels, des responsables des parcs nationaux et du groupe minier Assmang" qui extraie du fer et du manganèse dans cette région, selon le communiqué.

"Tous les drapeaux provinciaux et nationaux seront mis en berne en signe de respect et d'hommage au leader traditionnel décédé", a souligné le gouvernement.

Les Bushmen --un terme anglais qui signifie "hommes de la brousse", auquel certains préfèrent le nom traditionnel de San mais que Dawid Kruiper lui-même ne reniait pas-- sont les descendants des premiers habitants d'Afrique australe.

"Les Bushmen vivent près de la nature. Même s'ils sont maintenant dans des villages, leur coeur appartient toujours au bush car c'est à cause du gouvernement qu'ils ont dû s'adapter à un nouveau style de vie", expliquait-il à l'AFP en 2010. "Ma plus grande crainte, c'est de voir les traditions mourir", soulignait cet ancien nomade qui a vécu l'essentiel de sa vie dans le Kalahari.

En 1999, sa communauté avait récupéré 40.000 hectares de terres, "un pas vers la renaissance d'un peuple qui a presque disparu à cause de l'oppression", avait déclaré Thabo Mbeki, le président sud-africain de l'époque

Cette restitution constituait l'aboutissement d'une requête des San, aux termes de nouvelles lois instituant des réparations pour ceux qui furent dépossédés de leurs biens durant les périodes coloniale et raciste de l'Afrique du Sud.

Colonisés et expulsés de leurs terres comme au Botswana, les Bushmen sont aujourd'hui répartis dans six pays d'Afrique australe, principalement au Botswana et en Namibie.

clr/cpb

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