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Crise économique: l'Espagne dépose sa demande d'aide à la zone euro

25/06/2012 10:00 EDT | Actualisé 25/08/2012 05:12 EDT
AFP

L'Espagne a publié lundi sa lettre officielle de demande d'aide à la zone euro, sans toutefois fournir les détails du plan qui devrait être prêt pour le 9 juillet, date de la prochaine réunion de l'Eurogroupe.

Cette demande d'aide intervient à quelques jours du sommet européen, qui se tiendra à Bruxelles les 28 et 29 juin et où les dirigeants européens tenteront de trouver des façons de juguler la crise dans la zone euro.

Le gouvernement espagnol avait annoncé jeudi que ses banques auraient besoin de 62 milliards d'euros au maximum (80 milliards de dollars), se basant sur les résultats des audits indépendants, tandis que la zone euro a proposé au maximum 100 milliards d'euros (129 milliards de dollars).

Ni le montant de l'aide demandée, ni les modalités du prêt, qui sera versé aux banques via le fonds public espagnol d'aide au secteur bancaire, ne sont encore définis.

Le ministre espagnol de l'Économie, Luis de Guindos, avait annoncé la semaine dernière qu'il pourrait s'agir d'un prêt sur plus de 15 ans, « avec des taux d'intérêt compris entre 3 % et 4 % ».

Dans une lettre au président de l'Eurogroupe, Jean-Claude Juncker, le gouvernement espagnol se dit prêt à finaliser les détails du prêt avant le 9 juillet, afin qu'il puisse être discuté à la prochaine réunion de l'Eurogroupe, qui rassemble les ministres de l'Économie et des Finances des 17 pays de la zone euro.

« Le choix de l'instrument concret par lequel se matérialisera l'aide prendra en considération les différentes possibilités existantes actuellement et celles qui pourront exister à l'avenir », ajoute le ministère.

L'aide doit être en principe fournie d'abord par le Fonds de secours européen (FESF), puis par le Mécanisme de stabilité européen (MES). Ce dernier doit normalement entrer en vigueur début juillet.

Avec ce plan, l'Espagne va devenir le quatrième pays de la zone euro à bénéficier d'une aide européenne, après la Grèce, l'Irlande et le Portugal. Ce prêt est cependant limité au secteur bancaire du pays, fragilisé depuis l'éclatement de la bulle immobilière en 2008.

Par ailleurs, la visite en Grèce de la troïka, formée de représentants de l'Union européenne, de la Banque centrale européenne et du Fonds monétaire international, censée avoir lieu lundi, a été reportée à une date indéterminée, en raison des problèmes de santé dont ont été victimes le premier ministre grec, Antonis Samaras, et son ministre des Finances, Vassilis Rapanos.

Samedi, le nouveau gouvernement de coalition grec a demandé un délai d'au moins deux ans pour mettre en oeuvre le plan d'austérité réclamé par les créanciers internationaux de la Grèce.

De leur côté, les dirigeants des quatre principales économies de la zone euro (Allemagne, France, Italie, Espagne) se sont entendus vendredi sur une feuille de route pour l'intégration économique et monétaire européenne qui comprend notamment l'établissement d'une taxe sur les transactions financières.

Ils se sont aussi accordés sur le principe d'un plan de croissance représentant 1 % du produit intérieur brut de la zone euro, soit 130 milliards d'euros.

Les marchés restaient très nerveux lundi, avant le sommet européen crucial des 28 et 29 juin. En mi-journée, la Bourse de Londres reculait de 0,67 %, la Bourse de Paris, de 1,87 %, la Bourse de Francfort, de 1,68 % et la Bourse de Madrid, de 2,45 %. Les Bourses de Milan et d'Athènes chutaient quant à elles de 3 % et de 4,35 %, respectivement.