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La Turquie accuse la Syrie d'avoir tiré sur un deuxième avion turc

25/06/2012 01:41 EDT | Actualisé 25/08/2012 05:12 EDT
AP

ANKARA, Turquie - Le vice-premier ministre turc, Bulent Arinc, a rapporté lundi que les forces syriennes avaient tiré sur un second avion militaire turc, qui participait aux recherches de l'épave de l'appareil abattu vendredi par la Syrie au-dessus de la Méditerranée.

Lors d'une conférence de presse retransmise à la télévision, Bulent Arinc a déclaré que les forces syriennes avaient ouvert le feu sur un avion de recherche et de secours CASA, après avoir abattu un avion de reconnaissance RF-4E vendredi dans l'espace aérien international.

Bulent Arinc a ajouté que les forces syriennes avaient cessé le feu après avoir reçu un avertissement de l'armée turque.

A Damas, le porte-parole du ministère syrien des Affaires étrangères Jihad Makdissi avait affirmé plus tôt que l'appareil turc avait violé vendredi l'espace aérien syrien, mais que son pays n'avait «pas d'hostilité» à l'égard de la Turquie. «Nous avons agi d'une manière défensive et souveraine», a-t-il assuré.

D'après Jihad Makdissi, les recherches étaient en cours pour essayer de retrouver deux pilotes turcs qui étaient à bord.

Selon Ankara, l'appareil s'est égaré involontairement dans l'espace aérien de la Syrie, mais il était dans l'espace aérien international quand il a été abattu.

La Turquie a demandé une réunion extraordinaire de l'OTAN pour discuter de cet incident. Elle doit avoir lieu ce mardi.

Par ailleurs, à Ankara, l'agence de presse turque Anadolu a annoncé que 33 déserteurs, parmi lesquels figurent un général et deux colonels, étaient entrés pendant la nuit en Turquie, et que le groupe rassemblait au total 224 personnes. Un responsable du gouvernement a toutefois affirmé que trois colonels faisaient partie du groupe, mais pas de général.

Ils ont été accueillis dans un camp de réfugiés situé près de la frontière.

A Luxembourg, les ministres des Affaires étrangères de l'Union européenne ont condamné l'intervention syrienne contre l'avion turc, mais ils ont ajouté qu'ils ne soutiendraient pas une action militaire contre Damas.

«Je pense qu'il est toujours important de continuer à travailler sur une solution politique» à la crise syrienne, a déclaré le ministre allemand des Affaires étrangères, Guido Westerwelle.

Par ailleurs, des centaines de civils, pris au piège à Homs (centre de la Syrie), ne peuvent pas être secourus en raison des combats entre forces gouvernementales et insurgés, a déclaré lundi à Genève le président du Comité international de la Croix-Rouge (CICR), Jakob Kellenberger.

Le CICR et le Croissant-Rouge arabe syrien essaient d'obtenir une trêve afin d'évacuer les civils et blessés, a-t-il dit, ajoutant que la Croix-Rouge était la seule organisation internationale capable d'opérer sur le terrain en Syrie.