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Syrie: La tension entre Damas et Ankara prend une dimension internationale

25/06/2012 05:57 EDT | Actualisé 25/08/2012 05:12 EDT

La Turquie a obtenu une réunion de l'Otan après qu'un de ses avions de chasse a été abattu par la Syrie, donnant une nouvelle dimension internationale à la crise dans ce pays où le bilan des violences s'alourdit sans cesse.

Ankara, qui accuse Damas d'avoir abattu l'avion sans avertissement dans l'espace aérien international, et non dans l'espace syrien, a remis une note de protestation officielle à la Syrie.

Les principaux pays occidentaux, Etats-Unis et France en tête, se sont mobilisés à leur tour, jugeant "inacceptable" cet acte grave.

La secrétaire d'Etat américaine, Hillary Clinton, a promis de travailler avec Ankara sur une réaction appropriée à cet incident qu'elle a qualifié d'"éhonté", en dénonçant l'absence de respect des autorités syriennes pour "les lois internationales, la vie humaine, la paix et la sécurité".

Son homologue français Laurent Fabius a également dénoncé lundi un acte "inacceptable". Cet "avion était sans arme et effectuait un vol de routine. Il a été abattu sans qu'il y ait eu d'avertissemement préalable", a-t-il insisté.

Le ministère syrien des Affaires étrangères a annoncé une conférence de presse lundi en début d'après-midi.

Sur le terrain, les derniers jours ont été particulièrement sanglants, avec près d'une centaine de morts par jour. Dimanche, la répression et les combats entre armée et rebelles ont fait au moins 91 morts à travers le pays, dont 59 civils, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

Lundi, les forces du régime bombardaient encore des quartiers de la ville rebelle de Homs (centre), où un civil a été tué dans la nuit par un tireur embusqué, selon l'OSDH.

"Nous sommes la cible de bombardements continus et sans pitié, par des lance-roquettes, des hélicoptères militaires, des mortiers, des chars et des armes lourdes", ont dénoncé des habitants de Homs dans un appel au secours relayé par le Conseil national syrien, (CNS), la principale coalition de l'opposition.

"Un crime des plus odieux se déroule sous vos yeux et vous n'aidez toujours pas les victimes. Ce qui se passe en Syrie, n'est pas un conflit politique mais un génocide, une purification ethnique", ont poursuivi les habitants, accusant le régime de viser les quartiers sunnites.

Le Conseil militaire supérieur de l'Armée syrienne libre (ASL, formé de déserteurs), a mis en garde contre "un nouveau massacre" à Homs, accusant le régime de se préparer à envoyer une centaine de chars supplémentaires en direction de Homs et appelant les pays arabes, islamiques et amis à assumer leurs responsabilités envers les habitants de la ville.

Dans le reste du pays, six civils ont été tués lundi par les forces gouvernementales dans la province d'Idleb, près de la frontière turque. L'armée menait aussi des opérations contre plusieurs localités des provinces de Deir Ezzor (est), Deraa (sud) et Damas, selon l'OSDH.

Sur le front diplomatique, l'UE a adopté de nouvelles sanctions contre le régime de Damas, qui visent de nouvelles sociétés et administrations et étendent l'embargo sur les ventes d'armes. Ces mesures viennent s'ajouter à une quinzaine de trains de sanctions successifs édictés par l'UE en un an.

Sur le front diplomatique, le président russe, Vladimir Poutine, est arrivé en Israël pour une visite au Proche-Orient, où il va défendre la position de Moscou sur les grandes crises de la région, en particulier la question syrienne.

Depuis le début de la contestation populaire en Syrie en mars 2011, la Russie et la Chine bloquent toute résolution des Nations unies condamnant la répression sanglante menée par le régime syrien.

En Arabie saoudite, le secrétaire général de l'Organisation de la coopération islamique (OCI) a mis en garde contre les répercussions du conflit syrien sur l'ensemble de la région, lors d'une réunion extraordinaire dimanche soir du comité exécutif de l'organisation panislamique.

"La situation en Syrie peut conduire à une guerre civile qui ferait des milliers de victimes supplémentaires et dont les répercussions pourraient toucher l'ensemble de la région", a déclaré le Turc Ekmeleddin Ihsanoglu.

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