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Scouts Canada: des failles sont révélées dans les cas d'agression sexuelle

25/06/2012 02:31 EDT | Actualisé 25/08/2012 05:12 EDT

OTTAWA - Un examen indépendant des dossiers des 60 dernières années de Scouts Canada révèle que dans 65 cas d'allégations d'«inconduite sexuelle», l'organisation n'a pas relayé l'information à la police. Et certains de ces cas sont relativement récents.

Pas moins de 13 cas, sur les 65 soulevés, ont été portés à l'attention de la direction de Scouts Canada depuis 1992, date à laquelle il est devenu obligatoire de signaler tout comportement suspect aux policiers, indique-t-on dans le rapport de la firme KPMG, publié lundi.

«Je présume que ce qu'il y a de plus troublant dans le rapport, c'est lorsqu'on fait mention de ces moments où nos processus et procédures, nos politiques et notre personnel ont échoué», a mentionné le commissaire en chef de Scouts Canada, Steve Kent. «Nous avons manqué à nos propres politiques et procédures.»

Scouts Canada a fourni tous les documents litigieux trouvés dès l'instant où KPMG a relevé des incidents non signalés, a poursuivi M. Kent.

«Je peux vous assurer en toute confiance que nous avons partagé avec les forces de l'ordre de tout le pays l'ensemble des dossiers liés à des cas présumés d'agressions», a-t-il renchéri.

L'organisation de loisirs pour jeunes a accueilli 17 millions d'enfants au Canada depuis 1905. En 2011, Scouts Canada comptait 102 609 membres pour quelque 24 000 bénévoles. À son apogée dans les années 1960, ils étaient 320 000 membres.

Scouts Canada a demandé à KPMG d'examiner l'ensemble de ses documents après qu'une enquête du réseau anglais de Radio-Canada, l'automne dernier, eut dévoilé des dizaines d'ententes de confidentialité, dont l'esprit empêchait essentiellement les victimes de dénoncer leur agresseur au fil des ans.

L'organisation avait d'abord indiqué à KPMG que 350 dossiers devraient être révisés. Ce chiffre a toutefois été révisé à 468 au fil des recherches des experts de KPMG. La firme souligne toutefois que la gestion des dossiers de Scouts Canada a été si incohérente qu'il leur est impossible d'affirmer avoir tout dévoilé avec ce rapport.

Il reste que KPMG n'a pas conclu à une intention systématique d'effacer ou de cacher des incidents d'inconduite sexuelle, a déclaré M. Kent. «C'est un soulagement, et ça vient confirmer ce que nous avons dit depuis le début.»

Des améliorations significatives ont été notées après 2001, au moment où Scouts Canada a commencé à centraliser ses informations et à élaborer un protocole national.

L'organisation maintient désormais à jour une «liste confidentielle» et électronique de personnes jugées inadéquates pour s'impliquer chez Scouts Canada. Mais cette liste n'a pas toujours été tenue à jour, et son contenu ne pouvait pas être facilement partagé.

Le rapport indique qu'avant 1992, les autorités ont été mises au courant de 65 pour cent des cas d'allégations d'inconduite sexuelle chez Scouts Canada. Depuis, la moyenne a grimpé à 85 pour cent.

M. Kent a affirmé qu'il était arrivé, par le passé, que des allégations d'agressions sexuelles ne soient pas signalées aux autorités, expliquant cette lacune par une requête de la victime ou encore une faille dans les procédures.

Le grand chef scout a soutenu que son organisation renforçait son évaluation et offrait des services d'aide psychologique aux victimes, ajoutant que KPMG faisait mention, dans leur audit, de la nécessité de mettre sur pied un registre national pour recenser les cas d'enfants agressés sexuellement.

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