MONTRÉAL - La Centrale des syndicats du Québec (CSQ) changera bientôt de capitaine: son président depuis 2003, Réjean Parent, quittera son poste au terme du congrès de son organisation, vendredi prochain.

Puisqu'il n'a pas tendance à «débarquer du bateau en plein milieu de la mer», comme il dit, M. Parent profite d'un certain répit avant la préparation d'une nouvelle ronde de négociations pour tirer sa révérence.

Bien qu'il y ait «un peu de houle dans le port», pour reprendre l'expression qu'il lance notamment en référence au conflit étudiant actuel, celui qui cumule trois mandats de trois ans à la présidence de la CSQ, estime que le moment est bien choisi pour se consacrer à d'autres projets.

Il rappelle que le prochain congrès de la CSQ — pendant lequel un nouveau président pourrait être élu — aura lieu en 2015, et donc en plein coeur de la prochaine ronde de négociations du secteur public.

En effet, il observe que de briguer un nouveau mandat cette semaine équivaudrait à envisager les six prochaines années à la tête de la CSQ, car il est préférable, selon lui, qu'un président mène l'ensemble de ces négociations.

La vice-présidente actuelle de la CSQ, Louise Chabot, est pour l'instant la seule à avoir manifesté de l'intérêt pour remplacer M. Parent, et ce dernier estime qu'une élection ne sera donc pas nécessaire au congrès de cette fin de semaine.

Une fois les deux pieds sur la terre ferme, M. Parent ne prévoit toutefois pas se contenter d'observer les marées. «Je vais avoir une pleine pension, mais pas nécessairement pour prendre une pleine retraite! Je n'irai pas m'asseoir à la maison pour regarder le temps passer par ma fenêtre», lance-t-il.

«Ce qui m'intéresse le plus, c'est de continuer de communiquer. Un micro, c'est intéressant; une plume, c'est intéressant», dit-il avant d'admettre que certains projets «commencent à se dessiner» avec Radio-Canada.

M. Parent souhaite continuer de «s'occuper d'affaires complexes», mais sans se compliquer la vie, si cela est possible. Il semble donc heureux de laisser sa place de président à une nouvelle personne, qui amènera avec elle de «nouveaux enjeux et un nouveau regard».

«Ces derniers mois, à travers les instances, on me disait: 'tu dois rester' », se rappelle-t-il. «Ils m'aiment au maximum. Il faut partir quand on est bien aimés, pas quand on se fait montrer la porte!»

Le 40e congrès de la CSQ commence ce mardi.