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Printemps arabe: le point sur les révoltes et les transitions

25/06/2012 08:17 EDT | Actualisé 25/08/2012 05:12 EDT

Le monde arabe a connu depuis fin 2010 des bouleversements majeurs, qui ont provoqué la chute des régimes tunisien, égyptien et libyen, plongé la Syrie dans la guerre civile et abouti à l'accession de l'islamiste Mohamed Morsi à la magistrature suprême en Egypte.

EGYPTE

Le candidat des Frères musulmans Mohamed Morsi a été déclaré vainqueur de la présidentielle (51,73%) face à Ahmad Chafiq, dernier Premier ministre de Hosni Moubarak, après une longue transition jalonnée par des manifestations parfois meurtrières. Il devient le premier islamiste et le premier civil à parvenir à la tête du pays le plus peuplé du monde arabe.

Moubarak, homme fort depuis 1981, avait remis ses pouvoirs le 11 février 2011 au Conseil suprême des forces armées (CSFA), après 18 jours d'une révolte populaire (près de 850 morts), dans la foulée du soulèvement en Tunisie.

Le chef de l'Etat disposera toutefois d'une marge de manoeuvre très réduite, l'armée ayant récupéré le pouvoir législatif après la dissolution mi-juin de l'Assemblée, contrôlée par les islamistes.

TUNISIE

Le 14 janvier 2011, Zine El Abidine Ben Ali, au pouvoir depuis 1987, a fui son pays pour l'Arabie saoudite, chassé par une révolte (plus de 330 morts) faisant suite à l'immolation par le feu mi-décembre d'un jeune marchand de Sidi Bouzid (centre-ouest) excédé par des humiliations policières répétées.

L'Assemblée constituante, élue en octobre, est dominée par les islamistes du parti Ennahda, qui dirige le gouvernement. Moncef Marzouki, farouche opposant de gauche au régime Ben Ali, a été élu à la présidence par l'Assemblée.

Une flambée de violences a secoué récemment plusieurs villes après le saccage d'une exposition d'oeuvres jugées blasphématoires par des salafistes.

LIBYE

Mouammar Kadhafi, au pouvoir depuis 1969, est mort juste après son arrestation le 20 octobre 2011, deux mois après la chute de Tripoli grâce à l'appui décisif d'une opération militaire internationale lancée dès mars. Selon le Conseil national de transition (CNT), le conflit a fait 30.000 morts.

Le gouvernement a été critiqué pour son échec à asseoir son autorité et à s'opposer aux milices d'ex-rebelles qui font la loi. Des violences meurtrières entre tribus ont eu lieu dans l'Ouest. Une Assemblée constituante doit être élue en juillet.

SYRIE

La Syrie est en proie depuis mars 2011 à une révolte contre le régime de Bachar al-Assad, qui s'est militarisée face à la répression. Selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), les violences ont fait plus de 15.000 morts, en majorité des civils.

La Turquie a obtenu une réunion mardi de l'Otan après qu'un de ses avions de chasse eut été abattu vendredi par la Syrie, donnant une nouvelle dimension internationale à la crise dans ce pays, considéré par des responsables étrangers en situation de "guerre civile".

YEMEN

Le 21 février 2012, le vice-président Abd Rabbo Mansour Hadi a été élu à la présidence pour une transition de deux ans, succédant à Ali Abdallah Saleh, au pouvoir depuis 1978, en vertu d'un accord soutenu par les monarchies arabes du Golfe après un an de soulèvement (des centaines de morts). Saleh a accepté de quitter le pouvoir en échange d'une immunité pour lui et ses proches.

Al-Qaïda avait profité de l'affaiblissement du pouvoir central pour renforcer son emprise dans l'Est et le Sud, mais l'armée a réussi récemment à reprendre les principales villes contrôlées par le réseau.

BAHREIN

Bahreïn est secoué par un mouvement de contestation, animé par des chiites et réclamant une monarchie constitutionnelle dans ce petit royaume du Golfe à majorité chiite dirigé par une dynastie sunnite. Le mouvement a culminé en février-mars 2011, avant d'être violemment réprimé. Des manifestations ont repris depuis.

JORDANIE

Des manifestations ont lieu régulièrement depuis début 2011 pour réclamer réformes politiques et économiques et mesures anti-corruption.

MAROC

Des manifestations ont eu lieu en 2011 pour réclamer des réformes politiques. Le parti Justice et développement (PJD, islamistes modérés) a remporté les législatives fin novembre et son chef a été nommé Premier ministre, conformément à une nouvelle Constitution.

ALGERIE

Les élections législatives de mai ont été remportées par l'alliance présidentielle, les islamistes subissant un important revers, une première depuis le début du Printemps arabe.

acm/cnp

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