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Mutinerie en RDCongo: le Rwanda rejette les accusations de la RDC

25/06/2012 03:06 EDT | Actualisé 25/08/2012 05:12 EDT

La chef de la diplomatie rwandaise a rejeté lundi des accusations sur la présence de Rwandais aux côtés de rebelles dans l'est de la République démocratique du Congo (RDC), affirmant qu'elles risquaient de mettre en danger des Rwandais installés en RDC.

Le Rwanda "ne soutient d'aucune manière un groupe armé dans la région (et) ne participerait en aucune façon à une déstabilisation de la région et de l'est de la RDC en particulier", a affirmé la ministre des Affaires étrangères Louise Mushikiwabo, au cours d'une conférence de presse à l'ONU.

Dans un courrier adressé au Conseil de sécurité de l'ONU le 20 juin, le ministre des Affaires étrangères de la RDC, Raymond Tshibanda, avait affirmé que "des membres des forces armées (rwandaises) se dissimuleraient dans les rangs de la rébellion". Des mutins congolais affrontent depuis plus d'un mois les Forces armées de la RDC (FARDC).

Mme Mushikiwabo a "condamné ces rumeurs" et estimé qu'elles pourraient susciter des violences à l'encontre de citoyens rwandais vivant en RDC.

Elle a évoqué "un incident la semaine dernière où onze jeunes gens ont été capturés en RDC, torturés puis abandonnés à la frontière entre Rwanda et RDC".

Le gouvernement rwandais, a-t-elle souligné, "n'a jamais fermé la porte aux discussions et continue de discuter pour trouver des solutions" avec les autorités de RDC.

Mme Mushikiwabo avait eu des entretiens à Kinshasa avec M. Tshibanda et avec le chef de l'Etat Joseph Kabila.

Elle a cependant estimé que la RDC avait "manqué de franchise" en organisant ces entretiens tout en envoyant une lettre à l'ONU pour accuser le Rwanda.

La présence de présumés Rwandais parmi les mutins a été révélée après la fuite d'un rapport interne d'un groupe d'experts de l'ONU sur la RDC, puis confirmée par l'ONG Human Rights Watch.

Mme Mushikiwabo a aussi mis en cause l'efficacité de la MONUSCO (Mission de l'ONU en RDC), dont le mandat doit être renouvelé fin juin. "Treize ans après (sa création) son objectif n'a pas été réalisé", a affirmé la ministre. Elle a suggéré que le Conseil de sécurité "exige un réexamen périodique des résultats de la MONUSCO".

Les combats qui ont commencé en mai entre les FARDC et les mutins issus de l'ex-rébellion du Congrès national pour la défense du peuple (CNDP), intégrée dans l'armée en 2009, ont fait plus de 200.000 déplacés, et 20.000 réfugiés au Rwanda et en Ouganda voisins.

avz/lor

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