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Morsi veut améliorer ses relations avec l'Iran, modifier celles avec Israël

25/06/2012 05:05 EDT | Actualisé 24/08/2012 05:12 EDT

Le nouveau président égyptien, l'islamiste Mohamed Morsi, a prôné un renforcement des relations entre l'Iran et l'Egypte, rompues depuis plus de 30 ans, et annoncé qu'il souhaitait "réviser" les accords de paix avec Israël, dans une interview à l'agence iranienne Fars.

Le renforcement des relations entre l'Iran et l'Egypte "créera un équilibre stratégique régional et fait partie de mon programme", a déclaré M. Morsi dans une interview dimanche à Fars, quelques heures avant l'annonce officielle de sa victoire à l'élection présidentielle.

M. Morsi a ajouté que l'Egypte allait "réviser les accords de Camp David" qui ont établi la paix avec Israël. "Mais tout cela sera fait par les organes gouvernementaux et le cabinet, car je ne prendrai aucune décision seul", a-t-il précisé.

"Notre politique à l'égard d'Israël sera basée sur l'égalité car nous ne sommes pas inférieurs à eux. Nous discuterons du droit des Palestiniens car cela est très important", a ajouté M. Morsi.

Enfin, M. Morsi a rejeté la récente déclaration constitutionnelle du Conseil suprême des forces armées (CSFA), au pouvoir en Egypte depuis la chute de M. Moubarak, qui s'est octroyé de vastes prérogatives après la dissolution de la chambre des députés dominée par les islamistes.

"Le Conseil suprême des forces armées n'a pas le droit de modifier la Constitution et je rejette la déclaration constitutionnelle qui limite les prérogatives du président de la République", a déclaré M. Morsi, appelant le CSFA à quitter "immédiatement le pouvoir".

L'Iran a salué dimanche la victoire de M. Morsi, devenu premier président élu de l'Egypte depuis la chute de Hosni Moubarak en février 2011.

"La République islamique d'Iran félicite le peuple égyptien pour sa victoire dans cette élection et la présidence du Dr Mohamed Morsi, et rend hommage aux martyrs du pays", a déclaré le ministère iranien des Affaires étrangères dans un communiqué diffusé par les médias officiels.

Et le chef d'état-major des forces armées iraniennes, le général Hassan Firouzabadi, a déclaré que le CSFA, "nommé par l'ex-président Hosni Moubarak", n'avait "aucune légitimité légale et politique".

Téhéran a rompu ses relations diplomatiques avec Le Caire en 1980, après la révolution islamique, pour protester contre la conclusion en 1979 des accords de paix de Camp David entre l'Egypte et Israël.

Hosni Moubarak se méfiait beaucoup de Téhéran, qu'il considérait comme un élément déstabilisateur au Moyen-Orient. Depuis le chute de l'ancien rais, l'Egypte et l'Iran sont engagés dans des efforts de rapprochement et ont promis d'oeuvrer à une normalisation diplomatique.

L'Iran a soutenu les mouvements de révolte populaire du Printemps arabe, à l'exception de celui en cours en Syrie, son allié traditionnel, mais a régulièrement dénoncé les ingérences des Etats-Unis et des Occidentaux, en particulier en Libye mais aussi à Bahreïn.

sgh/fc

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