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Mahmoudi, ultime Premier ministre de Libye, fidèle à Kadhafi jusqu'au bout

25/06/2012 06:07 EDT | Actualisé 25/08/2012 05:12 EDT

L'ex-Premier ministre libyen al-Baghdadi al-Mahmoudi, détenu en Libye après avoir été extradé de Tunisie dimanche, a été fidèle au Mouammar Kadhafi jusqu'au bout, dirigeant le gouvernement de 2006 jusqu'aux derniers jours du régime à l'été 2011.

M. Mahmoudi est arrivé à bord d'un avion privé dimanche à Tripoli, où il a immédiatement été placé en détention sur ordre du Procureur général de Libye. Il est "inculpé pour avoir commis des crimes contre le peuple libyen" a expliqué le Premier ministre libyen par intérim, Abdel Rahim al-Kib.

Médecin de formation, M. Mahmoudi serait né en 1945 dans la ville côtière de Zaouia. Il est avec Seif al-Islam, le fils le plus en vue de Khadafi arrêté en novembre, l'un des derniers détenteurs des secrets d'Etats de l'ère Kadhafi, depuis la mort du dictateur déchu après son arrestation en octobre 2011.

M. Mahmoudi était devenu en mars 2006 secrétaire du Comité général du peuple, l'équivalent du Premier ministre de Libye. Il avait auparavant tenu plusieurs portefeuilles, en particulier ceux de la Santé de 1992 à 1997, et des Ressources humaines et des Infrastructures.

Il présidait également l'Autorité d'investissement de Libye, l'un des plus importants fonds souverains au monde créé en 2007 pour restructurer les entreprises publiques de ce pays pétrolier, et dirigeait le Conseil libyen du pétrole et du gaz, crée en 2006.

Contrairement à d'autre figures du régime qui ont rapidement fait défection, M. Mahmoudi n'avait fui la Libye qu'en septembre, peu après la prise de Tripoli par les rebelles, qui a marqué la fin de quatre décennies de règne sans partage pour M. Kadhafi.

Arrêté le 21 septembre à la frontière sud-ouest de la Tunisie, près de l'Algérie, il a été emprisonné pour entrée illégale sur le territoire tunisien, avant que les nouvelles autorités libyennes ne le réclament.

Il a fait appel de la décision d'extradition et même entrepris une grève de la faim en mai, réclamant le statut de réfugié au motif qu'il risquait l'exécution en Libye, où les nouvelles autorités peinent à rétablir l'ordre et à contrôler les milices d'anciens combattants rebelles.

La Libye veut juger M. Mahmoudi pour incitation au viol durant l'insurrection de 2011, selon ses défenseurs.

Son extradition est une victoire diplomatique majeure pour les nouvelles autorités libyennes, qui veulent prouver au monde qu'elles peuvent juger avec équité les piliers de l'ancien régime.

Mais le sort de M. Mahmoudi est incertain en Libye, où doit se tenir le 7 juillet l'élection d'une Assemblée constituante, premier scrutin national depuis la chute de Kadhafi.

M. Mahmoudi avait déclenché une importante polémique dans les médias français en plein campagne présidentielle en affirmant que Mouammar Kadhafi avait financé à hauteur de 50 millions d'euros la campagne de Nicolas Sarkozy lors de son élection comme président en 2007.

L'avocat Slim ben Othman avait indiqué à l'AFP que son client affirmait avoir remis personnellement l'argent à des représentants de M. Sarkozy à Genève. L'ancien président français, alors candidat à sa propre succession, avait rejeté ces accusations, les qualifiant d'"infamie".

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