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L'ex-président tchadien Hissène Habré sera jugé au Sénégal (Macky Sall)

25/06/2012 05:18 EDT | Actualisé 25/08/2012 05:12 EDT

Le président sénégalais Macky Sall a affirmé que l'ancien chef d'Etat tchadien Hissène Habré, accusé de crimes contre l'humanité, ne sera pas extradé en Belgique mais jugé au Sénégal, dans un entretien à l'hebdomadaire Jeune Afrique paru lundi.

Le Sénégal s'est doté début juin d'un groupe de travail sur l'affaire Hissène Habré, dans le cadre de son engagement pris en 2006 d'organiser le procès de l'ancien président réfugié sur son sol.

"Ce comité est justement chargé de faire toute la lumière sur cette affaire et d'étudier les contraintes qui se posent à nous, sachant que j'exclus d'office son extradition vers la Belgique, qui le réclame", a expliqué Macky Sall.

"Il n'y a aucune raison valable de ne pas le juger en Afrique, et je rappelle d'ailleurs que c'est l'Union africaine qui a donné mandat au Sénégal d'organiser ce procès. Habré sera jugé ici", a-t-il ajouté.

Hissène Habré vit en exil à Dakar depuis sa chute en 1990 après huit ans au pouvoir (1982-1990). Il est accusé de crimes contre l'humanité, crimes de guerre et torture. Le Sénégal, qui avait accepté en 2006 de le juger à la demande de l'UA, n'a jamais organisé le procès.

La Belgique avait lancé en septembre 2005 un mandat d'arrêt international contre lui pour "violations graves du droit humanitaire international" et, depuis lors, a fait quatre demandes d'extradition en vue de le juger, en vain.

Elle a aussi saisi en 2009 la Cour internationale de justice (CIJ) à laquelle elle demande d'ordonner au Sénégal de juger ou d'extrader Hissène Habré.

Ces procédures se basent sur une plainte déposée en 2000 par un Belge d'origine tchadienne en vertu d'une loi belge dite de "compétence universelle" pour les crimes de droit international qui autorise notamment les tribunaux à se saisir d'un tel dossier dès lors qu'un citoyen de nationalité belge est concerné.

Selon une commission d'enquête tchadienne, le régime d'Hissène Habré a fait plus de 40.000 morts parmi les opposants politiques et au sein de certains groupes ethniques.

thm/sb/jlb

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