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Le suicide médicalement assisté requiert un débat public, selon le JAMC

25/06/2012 05:53 EDT | Actualisé 25/08/2012 05:12 EDT

TORONTO - Les Canadiens doivent lancer un débat public national sur la légalisation du suicide médicalement assisté pour les malades en phase terminale, ont déclaré lundi deux médecins dans un éditorial du Journal de l'Association médicale canadienne (JAMC).

Intitulé «Choisir comment et quand mourir: Sommes-nous prêts à effectuer des homicides thérapeutiques?», le texte fait suite au rapport récemment publié par une commission du gouvernement du Québec, qui affirme que les mourants devraient avoir la possibilité, dans certaines conditions précises, de recevoir une aide médicale pour mettre fin à leurs jours.

La Commission spéciale sur la question de mourir dans la dignité, composée de neuf membres de l'Assemblée nationale de toutes les allégeances politiques, a présenté le document de 180 pages il y a un mois après deux ans de recherches et de consultations auprès des experts et du public.

L'une des 24 recommandations du rapport propose que le procureur général du Québec émette des directives à l'intention des procureurs de la Couronne de la province afin qu'un médecin ayant aidé un malade en phase terminale à mourir ne puisse pas faire l'objet de poursuites criminelles.

L'euthanasie et le suicide assisté sont illégaux au Canada en vertu du Code criminel.

Dans l'éditorial publié lundi, le rédacteur en chef du JAMC, le Dr John Fletcher, et son adjoint, le Dr Ken Flegel, ont écrit que la question du droit de mourir dans la dignité ne devrait pas être réglée par les tribunaux mais dans le cadre d'un processus démocratique.

Les deux médecins faisaient référence à un jugement rendu le 15 juin par la Cour suprême de la Colombie-Britannique, qui a invalidé les lois interdisant le suicide médicalement assisté sous prétexte qu'elles sont inconstitutionnelles.

Le tribunal a toutefois suspendu sa décision pour un an afin de laisser le temps au Parlement d'élaborer une nouvelle législation.

«Ce que nous avons vraiment voulu dire, c'est qu'il y a des conséquences à avoir une politique, qu'elle soit favorable ou défavorable au suicide assisté. Mais il est probablement temps que nous en ayons une», a expliqué le Dr Flegel en entrevue avec La Presse Canadienne depuis Montréal.

«Il faudra recourir à un certain processus démocratique pour arriver à une décision. Et peu importe cette décision, une partie de la population ne sera pas contente.»

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