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Le président égyptien élu doit s'atteler à la formation d'un gouvernement

25/06/2012 07:01 EDT | Actualisé 25/08/2012 05:12 EDT

L'islamiste Mohamed Morsi, vainqueur de la première présidentielle en Egypte après la chute de Hosni Moubarak, doit s'atteler à la formation d'un gouvernement en attendant la remise du pouvoir exécutif d'ici la fin de la semaine par les militaires qui dirigent le pays.

Les résultats officiels ont été proclamés dimanche, une semaine après le second tour: M. Morsi a obtenu 51,73% des voix contre 48,27% à son rival Ahmad Chafiq, ancien Premier ministre de M. Moubarak, chassé par la rue en février 2011.

Issu de la puissante confrérie des Frères musulmans, longtemps interdite, M. Morsi est le premier islamiste à accéder à la magistrature suprême en Egypte et sera le premier chef d'Etat à ne pas sortir des rangs de l'armée.

"Le président élu Mohamed Morsi commence à former son équipe présidentielle", a rapporté lundi l'agence officielle Mena.

Une source militaire a indiqué à l'AFP que la passation de pouvoir entre le Conseil suprême des forces armées (CSFA), à qui M. Moubarak a remis les rênes du pays en démissionnant, et M. Morsi, devait se tenir comme prévu d'ici la fin juin, sans plus de précisions.

D'après la Mena, le gouvernement de Kamal al-Ganzouri doit en outre tenir sa dernière réunion dans la journée pour remettre sa démission, "conformément aux règles constitutionnelles après l'élection d'un nouveau président".

Les transactions à la Bourse du Caire ont été suspendues pour une demi-heure après une hausse de plus de 6% du principal indice, l'EGX-30, a annoncé la télévision d'Etat.

La presse égyptienne de son côté a salué la victoire du "premier président civil" d'Egypte, certains journaux se félicitant qu'avec lui la "révolution" de l'an dernier l'ait emporté sur les "restes" de l'ancien régime.

"La révolution arrive au palais présidentiel", titrait Al-Chourouq (indépendant).

Pendant sa campagne, M. Morsi s'est présenté comme le candidat de la "révolution", ce qu'ont dénoncé de nombreux militants pro-démocratie qui accusent les Frères musulmans d'avoir conclu "des marchés" avec l'armée au pouvoir. Certains avaient toutefois appelé à voter pour lui afin d'éviter un retour de l'ancien régime avec M. Chafiq, un militaire de formation longtemps ministre sous Moubarak.

Al-Chourouq a félicité M. Morsi mais lui a demandé de choisir un Premier ministre et des vice-présidents qui ne fassent pas partie de la confrérie islamiste, de veiller à l'équilibre entre les forces politiques dans la commission constituante et "d'ouvrir les bras" à la minorité chrétienne.

Dans son premier discours à la nation en tant que président élu, M. Morsi a promis dimanche d'être le président de "tous les Egyptiens", en appelant à l'union nationale. "L'unité nationale est le seul moyen de sortir de ces temps difficiles", a-t-il dit, en faisant référence aux hommes et aux femmes, aux chrétiens comme aux musulmans.

Il a aussi promis de respecter les traités internationaux signés par son pays. Parmi les principaux engagements internationaux du pays figurent les accords de paix avec Israël conclus en 1979.

Dans un entretien publié par l'agence iranienne Fars, il affirme toutefois qu'il souhaite "réviser" les accords avec Israël, et renforcer les relations entre l'Egypte et l'Iran, rompues depuis 30 ans.

L'annonce de sa victoire a été accueillie par une explosion de joie place Tahrir, symbole de la révolte contre Hosni Moubarak, où des centaines de milliers de personnes s'étaient rassemblées.

Le président américain Barack Obama a appelé M. Morsi pour l'assurer du soutien des Etats-Unis pour la transition de l'Egypte vers la démocratie, en jugeant "essentiel que le nouveau gouvernement continue à faire de l'Egypte un pilier de la paix, de la sécurité et de la stabilité dans la région".

Son rival, Ahmad Chafiq, l'a félicité dans la soirée en lui souhaitant du "succès dans la tâche difficile que lui a confiée le peuple égyptien".

Agé de 60 ans, Mohamed Morsi, ingénieur diplômé d'une université américaine, est le premier président élu depuis le départ de M. Moubarak.

Fort d'une légitimité acquise dans une élection où les Egyptiens ont pu pour la première fois choisir leur président librement, le chef de l'Etat disposera toutefois d'une marge de manoeuvre très réduite face au Conseil militaire.

L'armée a en effet récupéré le pouvoir législatif après la dissolution mi-juin de l'Assemblée nationale, contrôlée par les islamistes, en vertu d'un jugement déclarant illégal le mode de scrutin.

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