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Le bilan de l'attentat de Mombasa passe à 3 morts, un blessé jugé suspect

25/06/2012 05:10 EDT | Actualisé 24/08/2012 05:12 EDT

Le bilan de l'attentat à la grenade dimanche soir contre un bar de la ville kényane côtière de Mombasa est passé à trois morts après le décès dans la nuit de deux personnes hospitalisées et la police s'intéresse à l'un des blessés qu'elle considère comme un suspect.

Une personne avait péri dimanche sur les lieux de l'attentat, un bar d'un quartier populaire et fréquenté de Mombasa, où les clients suivaient le quart de finale de l'Euro 2012 de football entre l'Italie et l'Allemagne. Une trentaine de personnes étaient toujours hospitalisées lundi, dont plusieurs dans un état grave.

"Deux des victimes sont décédées durant la nuit à l'hôpital. Une avait péri sur les lieux de l'explosion", a déclaré à l'AFP la porte-parole de la Croix-Rouge Nelly Muluka.

"Le nombre de morts dans l'attaque à Mombasa s'établit désormais à trois. Il y a 25 autres victimes toujours hospitalisées", a-t-elle ajouté.

La police avait évoqué un peu plus tôt lundi un bilan de un mort et 30 blessés toujours hospitalisés, dont trois dans un état grave.

Un des blessés est désormais considéré comme un suspect en raison de déclarations contradictoires et a été placé sous bonne garde, a indiqué la police lundi.

L'attentat n'a pas été revendiqué.

Plusieurs villes kényanes, dont Nairobi et Mombasa, ont été visées par des attentats - essentiellement à la grenade -, depuis que l'armée kényane est entrée fin 2011 dans le sud de la Somalie pour en déloger les islamistes somaliens shebab et que ces derniers ont menacé le Kenya de représailles.

Les autorités kényanes attribuent généralement ces attentats aux shebab, mais ceux-ci ne les ont jamais revendiqués.

En mai, une précédente attaque à la grenade dans un bar-restaurant fréquenté - notamment par des touristes - de Mombasa, deuxième ville du Kenya et capitale de la très touristique province côtière, avait déjà fait un mort.

Les 400 km de côte aux nombreuses plages de sable blanc attirent chaque année de nombreux touristes au Kenya.

Le bar visé dimanche n'était lui pas situé dans un quartier touristique et sa clientèle était essentiellement locale.

L'attentat de dimanche est survenu 48 heures après une mise en garde de l'ambassade des Etats-Unis à Nairobi, alertant ses ressortissants "sur une menace imminente d'attaque terroriste à Mombasa".

Dans la foulée, l'ambassade de France à Nairobi avait à son tour "recommandé la plus grande vigilance" à ses ressortissants "dans la ville de Mombasa et ses environs".

Quelques heures avant l'attaque, les autorités kényanes avaient protesté contre la mise en garde américaine. Le chef de l'administration Francis Kimemia l'avait qualifié d'"irresponsable et totalement injustifiée" et estimé qu'elle visait "à saboter l'économie du pays", qui tire une grande partie de ses revenus du tourisme. Il avait assuré que "le gouvernement (avait) la capacité de contenir les menaces terroristes".

Le vice-président kényan Kalonzo Musyoka avait de son côté appelé les touristes à ignorer ce genre d'avertissements et à venir visiter le Kenya, pour qui le tourisme est l'une des principales sources de devises.

Vendredi, la police kényane avait indiqué avoir interpellé deux Iraniens - l'un mercredi à Nairobi, l'autre jeudi à Mombasa - affirmant que leur interrogatoire avait permis de mettre la main sur des produits chimiques servant à fabriquer des explosifs.

Samedi, une source policière avait à son tour affirmé que "six kilos de matériel destiné à faire des bombes" avaient été découverts dans les bagages de deux jeunes gens à Nairobi lors d'une patrouille de police.

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