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La Bourse du Caire clôture sur une hausse de plus de 7%

25/06/2012 09:17 EDT | Actualisé 25/08/2012 05:12 EDT

La Bourse du Caire a clôturé lundi sur une hausse de 7,5%, au lendemain de l'annonce officielle de la victoire du Frère musulman Mohamed Morsi, premier président civil de l'Egypte.

Le principal indice, l'EGX-30, a bondi de 7,59% à 4.482,48 points. Il s'agit de la plus forte hausse enregistrée par l'indice depuis plus d'un an.

"Un climat d'optimisme a régné sur le marché sur fond d'espérances d'un retour de la stabilité politique et économique après l'annonce d'un nouveau président hier", a expliqué Walid Abdine, un analyste financier.

Auparavant, les transactions boursières avaient été suspendues pendant une demi-heure, à la suite d'une hausse de plus de 6%.

Vainqueur de la première présidentielle après la chute du régime de Hosni Moubarak en février 2011, M. Morsi est le premier islamiste et le premier civil à accéder à la magistrature suprême en Egypte.

Les tensions politiques pendant la course à la présidentielle avaient récemment fait chuter la Bourse du Caire.

M. Morsi doit s'atteler à la formation d'un gouvernement en attendant la remise du pouvoir exécutif d'ici la fin de la semaine par les militaires qui dirigent le pays. Il devra faire face à des défis économiques majeurs, la croissance et les investissements étant en berne depuis le départ de M. Moubarak qui a laissé un pays en proie à des inégalités sociales criantes.

Selon les projections du Fonds monétaire international (FMI), l'économie égyptienne devrait croître de seulement 1,5% en 2012, avant +3,3% en 2013.

Le taux de chômage a pour sa part grimpé aux alentours de 12% -et même 24% parmi les jeunes- contre 9% autrefois, selon les chiffres officiels.

L'agence de notation Standard and Poor's a placé lundi la note "B" de l'Egypte sous surveillance avec implication négative, ce qui implique qu'elle pourrait prochainement l'abaisser après un examen qui va s'étendre sur trois mois.

SP avait abaissé de "B+" à "B" la note de l'Egypte le 12 février dernier.

L'agence a cité les incertitudes politiques et les pressions s'exerçant sur les réserves monétaires de l'Egypte à l'appui de sa décision.

Selon SP, "une transition politique longue et éventuellement instable après la chute du gouvernement autoritaire (en 2011) est désormais davantage envisageable".

Elle décidera d'abaisser la note si les forces politiques égyptiennes se montrent incapables d'arriver à un compromis suffisant concernant les décisions politiques qui réduirait les pressions sur les indicateurs économiques.

"Nous considérons la dissolution du Parlement élu et la concentration des pouvoirs aux mains du Conseil suprême des forces armées comme réduisant potentiellement l'efficacité et la capacité de manoeuvre du gouvernement", souligne SP.

"Nous nous attendons également à ce que les tensions restent vives entre les militaires et les partis qui gèrent la transition politique de l'ère post-Moubarak, y compris les Frères musulmans, ce qui pourrait provoquer une nouvelle détérioration des performances économiques, budgétaires et extérieures" du pays, a ajouté l'agence.

Selon elle, les possibilités d'un nouvel abaissement de la note dans les trois mois sont de 50%. Mais elle pourrait retirer la mise sous surveillance si la situation débouchait sur une période de stabilité relative permettant aux autorités d'arriver à un consensus politique suffisant pour assurer les besoins de financement intérieurs et extérieurs.

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