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Guerre des mots entre Ankara et Damas avant une réunion de l'Otan

25/06/2012 11:36 EDT | Actualisé 25/08/2012 05:12 EDT

La Syrie et la Turquie étaient engagées dans une guerre de mots lundi sur la destruction d'un avion turc abattu par les défenses aériennes syriennes, Damas mettant en garde contre toute "agression" à la veille d'une réunion de l'Otan.

Pour ajouter à la tension, un nouveau général a fait défection en Turquie, portant à 13 le nombre de généraux syriens déserteurs dans ce pays jadis allié du régime du président Bachar al-Assad mais avec qui il a coupé les ponts pour protester contre sa répression de la contestation lancée en mars 2011.

Entretemps, le bilan des violences sur le terrain en Syrie s'alourdit sans cesse à mesure que s'intensifient les bombardements de l'armée contre les bastions rebelles, surtout à Homs (centre), avec la mort d'au moins 41 personnes, en majorité des civils, selon une ONG syrienne.

Ankara, qui accuse Damas d'avoir abattu l'avion vendredi sans avertissement dans l'espace aérien international, a remis une note de protestation officielle à la Syrie qui a maintenu avoir tiré sur l'appareil dans son espace aérien.

"L'avion militaire turc a violé l'espace syrien, les défenses aériennes syriennes ont riposté et (l'appareil) s'est abîmé à l'intérieur des eaux territoriales syriennes. Ce qui s'est passé est une violation flagrante de la souveraineté syrienne", a dit le porte-parole syrien des Affaires étrangères.

La Syrie "ignorait" la nature de la cible abattue, a assuré Jihad Makdessi.

Plusieurs pays occidentaux se sont mobilisés dans cette crise, la secrétaire d'Etat américaine Hillary Clinton promettant de travailler avec Ankara sur une réaction appropriée face à cet acte "éhonté".

L'Otan tiendra mardi à Bruxelles une réunion à la demande de la Turquie qui a invoqué "l'article 4 du traité" de l’Alliance qui prévoit que tout pays membre peut porter une question à l’attention du Conseil lorsqu'il estime que son intégrité territoriale ou sa sécurité est menacée.

Selon des experts spécialisés russes cités par l'agence d'Etat Ria Novosti, Le F-4 Phantom turc abattu testait la défense antiaérienne syrienne pour le compte de l'Otan et sa destruction a montré l'efficacité des systèmes russes dont est équipée la Syrie.

De plus, un nouvel incident aérien entre la Syrie et la Turquie, qui n'a fait ni victime ni dégât, s'est produit au dessus de la Méditerranée après la destruction du Phantom, selon une source diplomatique européenne.

Alors que le conflit en Syrie ne connaît pas de répit, un général dont l'identité n'a pas été précisée est entré en Turquie en compagnie de deux colonels et cinq autres officiers ainsi que 24 membres de leurs familles, soit un groupe de près de 200 personnes, selon une source diplomatique turque.

La Turquie héberge dans le sud du pays plus de 33.000 réfugiés syriens, ainsi que la direction de l'Armée syrienne libre (ASL), fondée par des déserteurs de l'armée régulière, et les réunions du Conseil national syrien (CNS), la principale coalition de l'opposition syrienne.

Les derniers jours ont été particulièrement sanglants en Syrie, avec des bilans approchant ou dépassant la centaine de morts chaque jour. Dimanche, la répression et les combats entre armée et rebelles ont fait au moins 91 morts, dont 59 civils, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

La situation semblait particulièrement difficile à Homs, où des habitants ont lancé un appel au secours relayé par le Conseil national syrien (CNS), la principale coalition de l'opposition.

"Nous sommes la cible de bombardements continus et sans pitié, par des lance-roquettes, des hélicoptères militaires, des obus de mortier, des chars et des armes lourdes", ont-ils dit.

"Un crime des plus odieux se déroule sous vos yeux et vous n'aidez toujours pas les victimes. Ce qui se passe en Syrie, n'est pas un conflit politique mais un génocide, une purification ethnique", ont poursuivi les habitants, accusant le régime alaouite de viser les quartiers sunnites.

L'ASL a mis en garde contre "un nouveau massacre" à Homs, accusant le régime de se préparer à envoyer une centaine de chars supplémentaires en direction de Homs.

Face à l'escalade, l'UE a adopté de nouvelles sanctions contre le régime Assad, qui visent de nouvelles sociétés et administrations et étendent l'embargo sur les ventes d'armes. Elles s'ajoutent à une quinzaine de trains de sanctions en un an.

Mais ces mesures n'ont pas fait plier le régime qui continue de profiter des divisions internationales pour intensifier la répression, qui avec les combats, ont fait plus de 15.000 morts en plus de 15 mois selon l'OSDH.

Le président russe Vladimir Poutine, dont le pays est un allié du régime Assad, a entamé en Israël une visite au Proche-Orient pour défendre la position de Moscou notamment sur la question syrienne.

Depuis le début de la contestation populaire en Syrie, qui s'est militarisée face à la répression sanglante, Moscou bloque toute résolution de l'ONU condamnant le régime.

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