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Grèce: Antonis Samaras a quitté l'hôpital, Vassilis Rapanos (Finances) démissionne

25/06/2012 06:31 EDT | Actualisé 25/08/2012 05:12 EDT

ATHENS, Greece - Le nouveau Premier ministre grec Antonis Samaras, opéré samedi d'un décollement de la rétine, a quitté l'hôpital lundi après-midi, selon ses médecins. Cette intervention va l'empêcher d'assister au Conseil européen de Bruxelles, jeudi et vendredi.

La délégation grecque, a annoncé le gouvernement à Athènes, sera conduite par le président Karos Papoulias, et non le ministre des Affaires étrangères Dimitris Avramopoulos comme annoncé initialement.

Agé de 61 ans, Antonis Samaras a prêté serment le 20 juin. Sorti de l'hôpital -avec interdiction de prendre l'avion- il devra rester plusieurs jours chez lui, mais pourra recevoir des visites.

Quant à Vassilis Rapanos, président de la Banque nationale de Grèce qui avait été nommé jeudi ministre des Finances, il a en définitive démissionné. Il avait été transporté en urgence à l'hôpital vendredi, avant même d'avoir pu prendre ses fonctions. Toujours hospitalisé lundi, il a envoyé une lettre de démission au Premier ministre Antonis Samaras, qui l'a accepté, a fait savoir son cabinet.

L'état de santé des deux ministres a entraîné le report de la visite normalement prévue lundi à Athènes des représentants de la troïka, Commission européenne, Banque centrale européenne (BCE) et Fonds monétaire international (FMI).

"Notre préoccupation est d'abord la santé du Premier ministre et du ministre des Finances. Ils ont une longue route à faire", a commenté un porte-parole de la Commission européenne à Bruxelles, Amadeu Altafaj Tardio. La délégation de la troïka se rendra en Grèce "dès que possible". Le gouvernement et ses bailleurs de fonds, a-t-il ajouté, souhaitent procéder à une évaluation rapide de la situation budgétaire grecque et vérifier le respect des engagements pris par Athènes en échange de l'aide de la zone euro et du FMI.

En attendant cette évaluation, le Conseil européen des 28 et 29 juin ne devrait pas déboucher sur de nouvelles décisions, selon le porte-parole de la chancelière allemande Angela Merkel, Steffen Seibert.

Les discussions entre les parties prenantes sont suspendues depuis presque deux mois en raison de l'incertitude politique dans le pays, qui n'avait pu se doter d'un gouvernement après les législatives du 6 mai.

Il a fallu attendre le résultat des nouvelles élections convoquées le 17 juin pour qu'un accord de coalition puisse être conclu le 20 juin. Le nouveau gouvernement réunit la Nouvelle démocratie (ND, conservateurs) d'Antonis Samaras, arrivée en tête du scrutin, les socialistes du PASOK et le petit parti de la Gauche démocratique.

Contrairement à Syriza, la Coalition de la gauche radicale arrivée deuxième aux élections, les trois formations ne rejettent pas les mesures d'austérité imposées à la Grèce en échange des deux plans d'aide de la zone euro et du FMI, mais souhaitent en assouplir les conditions. Le sommet de Bruxelles des 28 et 29 juin constituera un test de la capacité des dirigeants grecs à renégocier certains termes des plans.

Le nouveau gouvernement, selon sa déclaration politique rendue publique samedi, demande un délai supplémentaire d'au moins deux ans, jusqu'à la mi-2016, pour mettre en oeuvre les réformes d'ajustement budgétaires, notamment fiscales. Il s'agit de "soutenir la demande, le développement, et l'emploi", selon le communiqué gouvernemental.

L'objectif général est de réduire le déficit "sans nouvelles coupes dans les salaires, les pensions ou le programme d'investissement public", en luttant "contre le gaspillage, la corruption et l'évasion fiscale", a ajouté le gouvernement. AP

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