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Eva Joly en mission anti-corruption pour l'ONU en Afghanistan

25/06/2012 11:56 EDT | Actualisé 25/08/2012 05:12 EDT

L'ancienne magistrate et ex-candidate à la présidentielle française Eva Joly a annoncé lundi sa nomination à la tête d'une mission anti-corruption de l'ONU en Afghanistan où elle effectuera un premier séjour du 7 au 20 juillet.

La mission, au côté de deux autres experts internationaux et trois spécialiste afghans, aura lieu à Kaboul, à raison de 15 jours tous les trois mois, a priori pour une période de deux ans renouvelable, a affirmé l'ex-juge anti-corruption, lors d'une conférence de presse.

"Notre rôle sera de donner des conseils et vérifier l'avancement dans la création d'institutions capables de lutter contre la corruption", a expliqué la députée européenne, qui rencontrera des dirigeants afghans sur place. Un rapport sur "l'état d'avancement des recommandations" sera établi tous les trois mois par l'équipe d'experts.

La Franco-Norvégienne, qui a par le passé conseillé le gouvernement de son pays natal dans sa lutte contre la corruption internationale, a souligné que "tout l'enjeu était de créer des îlots d'intégrité" en Afghanistan, que ce soit dans la justice ou la police, car sans cela, "il n'y a pas d'avenir démocratique".

Pendant sa campagne électorale, Mme Joly, 68 ans, avait notamment estimé qu'il n'y avait "pas de sens de vouloir construire une démocratie sur un régime qui est complètement corrompu", s'en prenant notamment au président afghan Hamid Karzaï "et sa famille".

Les proches de M. Karzaï font régulièrement les gros titres de la presse pour des délits financiers présumés.

"La corruption a atteint des sommets ici. Le vol de biens, le vol de terres gouvernementales, l'intimidation, le manque de sécurité dans les maisons constituent les douleurs dont souffrent le peuple afghan", a récemment reconnu le chef de l'Etat afghan devant le parlement.

Plus de 40 milliards de dollars d'aide civile internationale ont été déversés en Afghanistan depuis l'arrivée fin 2001 de la coalition de l'Otan, selon l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE).

L'ONG Transparency international classait en 2010 l'Afghanistan comme le deuxième pays le plus corrompu au monde, ex-aequo avec la Birmanie.

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