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Damas maintient que l'avion de chasse turc a violé la souveraineté syrienne

25/06/2012 09:01 EDT | Actualisé 25/08/2012 05:12 EDT

Damas a réaffirmé lundi que l'avion de chasse turc abattu vendredi par la Syrie avait "violé la souveraineté syrienne", mettant en garde l'Otan que son territoire était "sacré" au cas où la réunion de l'Alliance, mardi, discuterait d'une "agression".

Le porte-parole du ministère syrien des Affaires étrangères, Jihad Makdessi, a accusé lors d'une conférence de presse la Turquie de "mensonges" dans le but d'"attiser" la crise.

"L'avion militaire turc a violé l'espace syrien, les défenses aériennes syriennes ont riposté et (l'appareil) s'est abîmé à l'intérieur des eaux territoriales syriennes. Ce qui s'est passé est une violation flagrante de la souveraineté syrienne", a-t-il déclaré.

M. Makdessi a indiqué que cette conférence de presse avait été organisée pour "réfuter tous les mensonges" colportés par les médias arabes et occidentaux et les responsables turcs, en soulignant que la Syrie "ignorait" la nature de la cible abattue vendredi.

"C'est un canon mitrailleur anti-aérien qui a fait tomber l'avion turc, et il n'y a pas de radar dans cette arme", a-t-il dit.

Les débris de l'avion remis dimanche aux parties turques "prouvent que l'appareil a été abattu par un canon mitrailleur" dont la portée est de deux kilomètres et demi, a affirmé le responsable.

Selon lui, "l'avion volait à 800 km/h à un ou deux kilomètres (de la Syrie) (...) et se dirigeait vers la côte syrienne. Les défenses aériennes ont alors visé directement l'avion (...) qui est tombé dans les eaux territoriales syriennes".

Les versions qui sont divulguées par les médias "constituent une campagne politique qui n'a rien à voir avec la réalité et qui vise à diaboliser la Syrie et à y attiser" la crise, a estimé M. Makdessi.

Il a mis en garde les pays de l'Otan qui doivent se réunir mardi à Bruxelles, à la demande d'Ankara, pour discuter de l'incident.

"Si la réunion vise à calmer la situation (...), nous leur souhaitons bonne chance. Mais si l'objectif est une agression, nous leur disons que le territoire, l'espace aérien et les eaux syriens sont sacrés pour l'armée syrienne, tout comme le terriroire turc (...) est sacré pour l'armée turque", a-t-il affirmé.

Le responsable syrien a accusé le ministre turc des Affaires étrangères Ahmet Davutoglu d'avoir donné "une version contraire à la réalité" de l'incident.

Selon Ankara, l'avion de combat F-4 turc effectuait une mission d'entraînement, n'était pas armé et se trouvait dans l'espace aérien international, après une brève incursion dans l'espace syrien. L'incursion dans l'espace syrien aurait été de trois minutes selon la Turquie, et de cinq selon la Syrie.

M. Makdessi a indiqué en outre que les opérations de recherche et de sauvetage des deux pilotes turcs disparus, menés par des navires garde-côtes syriens et turcs, "se poursuivaient". "Nous n'avons pas encore retrouvé les pilotes", a-t-il dit.

Il a réaffirmé que la Syrie demeurait "attachée aux relations de bon voisinage avec la Turquie". "Nous n'avons aucune intention belliqueuse envers le peuple et l'Etat turcs".

Les relations entre Damas et Ankara se sont envenimées depuis le début du mouvement de contestation qui secoue la Syrie depuis mars 2011.

Ankara a vivement dénoncé la répression sanglante du soulèvement, se joignant aux appels au départ du pouvoir du président Bachar al-Assad.

rm/ram/cco

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