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Centrafrique: attaque d'un site de la société nucléaire Areva par des rebelles (armée)

25/06/2012 06:55 EDT | Actualisé 25/08/2012 05:12 EDT

Des rebelles non identifiés ont attaqué et pillé dimanche une partie du site du groupe français de nucléaire civil Areva près du gisement d'uranium de Bakouma, dans le sud-est de la Centrafrique, a appris lundi l'AFP de sources militaire centrafricaine et diplomatique française.

"Un violent accrochage a mis aux prises hier (dimanche) dans l'après-midi à Bakouma" l'armée centrafricaine et "un groupe d'hommes armés non identifiés dans leur tentative de lancer l'assaut contre le site de la société minière Areva", selon un communiqué de presse militaire lu à la radio nationale.

"L'ennemi a fait quelques dégâts matériels et s'est retiré en emportant essentiellement des vivres. Il est pour le moment difficile d'établir un bilan des combats, cependant l'on ne déplore aucune victime sur la zone ni parmi le personnel, ni au sein de la population de Bakouma", a ajouté le communiqué.

"Des dispositions sont en train d'être prises en concertation entre la partie française qui a accompagné la partie centrafricaine dans la gestion de cette situation", ajoute le texte lu par un porte-parole militaire, le lieutenant-colonel Jean Ladawa.

Selon une source militaire centrafricaine à Bangui ayant requis l'anonymat, "l'accrochage n'a pas fait de victime mais des opérations sont en cours pour mettre ce groupe d'hommes armés, qui seraient des hommes de la rébellion tchadienne du front populaire pour le redressement (FPR) du +général+ Baba Laddé, hors d'état de nuire". Le FPR, venu du Tchad, sévit en Centrafrique depuis 2008. En janvier, l'armée centrafricaine avait attaqué des positions du FPR au nord du pays à près de 400 km de Bakouma, affirmant avoir "neutralisé" la rébellion.

Selon la source militaire centrafricaine, "quelques heures avant l'accrochage, ces hommes armés ont abattu un villageois à 25 km de Bakouma. Ils ont pris en otage un notable et un jeune homme qui leur a servi de guide".

Selon une autre source proche du dossier, les rebelles "ne sont plus sur le site mais ils sont encore dans la zone de Bakouma. Ils sont chargés (après le pillage) et ils cherchent à recruter des porteurs".

Une source diplomatique française a affirmé à l'AFP que cinq ressortissants français du groupe Areva qui étaient sur le site étaient en contact avec les autorités françaises qui cherchaient "la solution la plus adaptée" pour eux.

Le groupe Areva interrogé n'a pas fait de commentaire dans l'immédiat.

En novembre 2011, il avait repoussé d'un à deux ans les travaux pour exploiter Bakouma, en raison de la chute des cours du minerai après la catastrophe de Fukushima au Japon. Environ 170 personnes travaillaient alors sur le site.

Avec 32.000 tonnes estimées à l'heure actuelle, le gisement située dans une zone peu sécurisée est considéré comme important par Areva, même s'il n'égale pas par exemple les 180.000 tonnes de ressources de la mine géante d'Imouraren au Niger.

Malgré un processus de paix entamé en 2008 avec la plupart des rébellions importantes du pays qui ont déposé les armes, la Centrafrique reste la proie de groupes armées, rebelles, coupeurs de routes et braconniers.

La rébellion ougandaise de L'Armée de résistance du Seigneur (LRA) de Joseph Kony ainsi que le FPR de Baba Laddé y sont actifs.

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