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Manifestation contre un shérif anti-immigration devant une prison d'Arizona

24/06/2012 01:39 EDT | Actualisé 24/08/2012 05:12 EDT

Des centaines de personnes ont manifesté devant une prison à Phoenix en Arizona (sud-ouest) pour protester contre les conditions de détention imposées par un shérif anti-immigration, à quelques jours d'une décision de la Cour suprême sur une loi controversée en la matière.

A la lueur des bougies, les manifestants se sont réunis samedi soir devant Tent City ("ville campement"), un terrain situé en plein désert face à la prison du comté de Maricopa, dirigée par le shérif Joe Arpaio, où sont plantées des tentes militaires qui peuvent abriter près de 2.000 détenus.

"C'est tout trempé lorsqu'il pleut (...) et sous les tentes il peut quelquefois faire jusqu'au 50 degrés, il est impossible d'échapper à la chaleur", s'indignait une manifestante selon une retransmission en direct par les organisateurs du rassemblement, l'association Unitarian Universalists.

"Les prisonniers méritent de l'eau fraîche, pas brûlante; de la nourriture décente, pas des cochonneries; Arpaio est inhumain et raciste, sortez-le", pouvait-on lire sur l'une des pancartes des manifestants, qui appelaient à l'arrestation du shérif et à la fermeture du camp qu'il a fait installer en 1993 pour lutter contre la surpopulation carcérale.

Selon les protestataires, les conditions de détention violent les droits de l'homme. Ils veulent également attirer l'attention sur une loi très controversée contre l'immigration illégale dont la constitutionnalité devrait être examinée la semaine prochaine par la Cour suprême des Etats-Unis.

Connu en Arizona, état du sud-ouest frontalier avec le Mexique, pour ses rafles massives d'immigrés clandestins et les conditions de détention particulièrement sévères qu'il impose aux détenus de sa juridiction, Joe Arpaio "a une conduite non-constitutionnelle et qui viole la loi fédérale", pour le département de la Justice américain qui a porté plainte contre lui.

Elu sans discontinuité depuis 1992, ce shérif de 80 ans, vivement critiqué par la minorité hispanique, a réagi à la manifestation en déclarant selon la radio locale KTAR, que "nos soldats sont en Irak et en Afghanistan, où il fait aussi 50 degrés, pour servir notre pays".

lm/sam/ff

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