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Les conservateurs sont prêts à travailler avec le PQ le cas échéant, dit Paradis

24/06/2012 11:43 EDT | Actualisé 24/08/2012 05:12 EDT

SAINT-NARCISSE-DE-BEAURIVAGE, Qc - Les conservateurs ne craignent pas l'éventuelle élection d'un gouvernement formé par le Parti québécois, a indiqué dimanche le ministre de l'Industrie Christian Paradis.

M. Paradis a affirmé que son gouvernement est prêt à travailler à l'avancement d'intérêts communs avec le gouvernement du Québec, peu importe que des souverainistes ou des fédéralistes soient au pouvoir.

«Peu importe le gouvernement qui sera élu, nous ce qu'on veut c'est travailler avec le gouvernement du Québec, a-t-il dit. Ce qu'on veut pousser justement, c'est d'assurer une prospérité pour les Québécois, pour les Canadiens.»

La Presse Canadienne a révélé vendredi que le premier ministre Stephen Harper avait rencontré son prédécesseur conservateur Brian Mulroney pour discuter de l'éventuelle élection d'un gouvernement du Parti québécois, après un scrutin qui pourrait survenir d'ici la fin de l'été.

Lors d'un point de presse, en marge d'un déplacement de M. Harper pour la Fête nationale, M. Paradis s'est réjoui de cette rencontre avec M. Mulroney, dissipant toute notion que cela pourrait traduire une crainte face à l'arrivée au pouvoir d'un gouvernement péquiste.

«Au contraire, c'est positif, a-t-il dit. M. Mulroney a été un grand premier ministre. Il a de l'expérience et le fait d'avoir un premier ministre en fonction qui consulte des sources d'informations aussi importantes, telles M. Mulroney pour qui j'ai beaucoup de respect, moi je vois ça de façon très positive.»

M. Paradis a toutefois reconnu que les péquistes, comme les bloquistes avant eux, cherchent à noircir le bilan des conservateurs et contribuent aux perceptions négatives.

«Le Parti québécois, comme le Bloc à l'époque, va toujours chercher les poux, a-t-il dit. Alors c'est pour ça que je vous répète encore, moi j'arrive toujours avec l'approche positive. Lorsque les dossiers se règlent, comme par hasard, on n'en entend pas parler.»

Une moyenne des résultats de sondages, compilés par le site web ThreeHundredEight.com, indique qu'à l'échelle nationale les conservateurs ont glissé en deuxième position derrière les néo-démocrates, depuis l'élection fédérale de mai 2011. Au Québec, les troupes de M. Harper sont en quatrième place.

Dimanche, à l'occasion de la Saint-Jean-Baptiste, M. Harper a participé à un rassemblement partisan dans la circonscription de Lotbinière-Chutes-de-la-Chaudière, représentée par le député conservateur Jacques Gourde. Pas moins de 19 ministres étaient du déplacement, ce que M. Paradis a présenté comme un message aux Québécois.

«Il y a un gouvernement fédéral conservateur qui a à coeur les intérêts du Québec, a-t-il dit. Je pense que le fait qu'il y ait une présence aussi massive des membres du cabinet, des ministres anglophones, ça démontre que franchement on veut que les choses fonctionnent au Québec.»

Au cours des derniers mois, les relations des conservateurs ont été orageuses avec le premier ministre Jean Charest et les litiges se sont multipliés entre les deux gouvernements.

Québec a notamment entamé un recours devant les tribunaux pour préserver le registre des armes à feu et l'Assemblée nationale s'est prononcée contre la nomination d'unilingues anglophones dans postes importants au fédéral.

Plus récemment, le ministre de la Justice Jean-Marc Fournier a brandi la menace d'un nouveau recours judiciaire pour protéger certaines dispositions du Québec relatives aux services bancaires, qui sont menacées par un projet de loi d'Ottawa.

M. Paradis a reconnu que les relations avec Québec ont parfois donné lieu à des affrontements.

«On ne peut pas toujours être en constante harmonie avec la province de Québec mais je pense que ce qu'il faut faire, c'est identifier nos intérêts communs et il faut les pousser», a-t-il dit.

Dans son discours prononcé devant 200 personnes réunies sous une tente dressée devant une exploitation agricole, M. Harper a tenu à se faire rassurant concernant sa défense de la gestion de l'offre, alors que la négociation d'un accord de libre-échange se prépare, avec 10 nations du Pacifique.

«Le seul parti qui appuie la gestion de l'offre, dans sa plate-forme électorale, c'est le Parti conservateur du Canada», a-t-il dit.

M. Harper a rappelé que son gouvernement a fait une place à un représentant du Québec au sein de la délégation canadienne à l'UNESCO. Il a aussi souligné l'adoption d'une motion du parlement fédéral reconnaissant la nation québécoise.

Une entente avec Ottawa sur le versement d'une compensation au Québec, pour l'harmonisation de sa taxe de vente, a été qualifiée d'historique par le premier ministre, qui a aussi évoqué un règlement sur le déséquilibre fiscal, pourtant contesté par le gouvernement Charest.

«Ce sont des gestes concrets qui démontrent la volonté de notre gouvernement de faire s'épanouir le Québec et le fait français, au sein d'un Canada plus fort et plus uni que jamais», a-t-il dit.

Dimanche, M. Charest a confirmé qu'il avait lui aussi rencontré M. Harper, en marge d'une conférence à Montréal, le 11 juin.

«Je pense qu'il a beaucoup confiance au jugement des Québécois, a-t-il dit. Le gouvernement fédéral ne va pas se mêler d'une élection québécoise qui concerne directement la population du Québec.»

Le cabinet de M. Harper a refusé de révéler la teneur des échanges avec M. Charest, faisant valoir qu'il s'agissait d'une rencontre privée.

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