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Le Premier ministre irakien doit partir et laisser place aux réformes (Sadr)

24/06/2012 02:57 EDT | Actualisé 24/08/2012 05:12 EDT

Le Premier ministre Nouri al-Maliki doit partir pour que des réformes puissent être menées en Irak, a affirmé dimanche le puissant chef chiite Moqtada al-Sadr, ajoutant que ses députés soutiendraient un vote de défiance si nécessaire contre M. Maliki.

"Les réformes sont le principal objectif, retirer la confiance (au Premier ministre NDLR) devrait précéder les réformes", a dit M. Sadr devant les journalistes dans la ville sainte de Najaf.

"Nous voulons faire la prière, mais notre prière ne sera pas bonne tant qu'on n'a pas d'abord fait les ablutions", a-t-il expliqué, une métaphore signifiant que "les réformes ne peuvent être réalisées sans exercer de pression sur le gouvernement".

M. Sadr a dit ne pas vouloir être à l'initiative d'une motion de censure, mais être prêt à une telle démarche: "Je ne veux pas retirer la confiance, personne ne le veut, mais notre première et dernière requête est la réforme et le partenariat, non pas la marginalisation".

Il a répété que si les votes de son bloc parlementaire étaient nécessaires pour détrôner M. Maliki, il les fournirait: "Je l'ai déjà dit et je le redis, et c'est une promesse de ma part aux autres blocs, si leurs votes atteignent les 124 (...) j'y ajouterai les 40 manquants".

A la question de savoir quelles sont les réformes qu'il préconise, M. Sadr a rappelé ce qu'il avait déjà évoqué en avril, notamment donner la priorité aux intérêts de l'Irak plutôt qu'aux intérêts confessionnels, ethniques ou partisans, et permettre que les minorités "participent à la construction de l'Irak, politiquement, économiquement et dans le domaine de la sécurité".

Nommer des ministres permanents aux postes de la sécurité, notamment le ministère de la Défense, non pourvus depuis 2010, figurait également parmi ses demandes, ainsi que faire face "avec force à toute menace interne ou externe contre une composante du peuple irakien".

M. Sadr n'est pas optimiste quant à la stabilisation de la situation politique: "En Irak, la crise ne finit jamais -- soit on la met de côté soit elle est ignorée, ainsi elle réapparaît à un autre moment".

Moqtada Sadr, chef du bloc parlementaire Ahrar, important membre de la coalition du gouvernement d'union national de M. Maliki, avait auparavant critiqué le Premier ministre, le qualifiant de "dictateur" et l'accusant de chercher à annuler ou reporter les élections.

L'Irak connaît sepuis plusieurs mois une crise politique qui s'est déclarée en décembre, au moment du retrait des troupes américaines d'Irak, sous l'impulsion d'Iraqiya, bloc laïque dominé par les sunnites. Les dirigeants kurdes et sadristes sont depuis également entrés en conflit avec M. Maliki.

Le président irakien Jalal Talabani a opposé il y a deux semaines une fin de non-recevoir à ceux qui lui demandaient depuis plusieurs semaines d'organiser un vote de défiance à l'encontre du chef de gouvernement chiite arrivé au pouvoir en 2006 et reconduit suite aux élections législatives de 2010, invoquant le manque de soutien nécessaire des députés à une telle démarche.

Le président du Parlement Ossama al-Noujaifi a déclaré jeudi que les députés anti-Maliki allaient réclamer prochainement une audition du Premier ministre dans une nouvelle tentative d'obtenir d'obtenir un vote de défiance.

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