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Euro-2012 - L'Espagne, à gauche toute

24/06/2012 10:21 EDT | Actualisé 24/08/2012 05:12 EDT

Lors du quart de finale de l'Euro-2012 remporté (2-0) face à la France, l'Espagne a livré une nouvelle démonstration de la force et de la vivacité de son côté gauche, constitué du maître à jouer Andres Iniesta et du jeune latéral Jordi Alba.

Cette preuve de la qualité de son aile gauche, la Roja n'a mis que 19 minutes à l'apporter contre les Bleus: lancé par Iniesta, Alba a grillé la politesse à Mathieu Debuchy, avant de centrer au second poteau pour le milieu Xabi Alonso qui ajustait le gardien français Lloris de la tête.

Et dire que le sélectionneur tricolore Laurent Blanc avait senti le danger venir, en décidant de faire doubler la garde de ce côté: Debuchy sur Alba en situation de débordement et Réveillère sur Iniesta quand celui-ci devait décider de partir du flanc gauche pour repiquer vers le milieu. Vaine parade.

"Si on analyse notre composition, on savait que leur côté gauche était très fort. Ce qu'il y a de plus rageant, c'est qu'on prend le but de ce côté alors qu'on avait décidé de le bloquer", analysait après le match Laurent Blanc, forcément déçu.

Après coup, son homologue espagnol, Vicente Del Bosque, estimait que Blanc avait bien cerné les dangers de la Roja. "Je crois qu'ils ont eu raison de prendre leurs précautions parce qu'ils savaient qu'à gauche nous avions deux très bons joueurs: Iniesta et Alba. D'ailleurs, ils sont parvenus à gêner considérablement Iniesta."

Même surveillée de près, la paire Alba-Iniesta a donc très vite dynamité le dispositif de sécurité de la défense bleue.

Entre un Iniesta qu'on ne présente plus, champion du monde et d'Europe, et un Alba en passe de devenir à 23 ans la grande révélation espagnole de ce tournoi, l'Armada est décidément bien armée à gauche.

Le premier, Iniesta, milieu aux gestes d'anguille et jouant toujours dans le bon tempo, n'a pas son pareil pour s'inventer des espaces face à des équipes jouant resserrées et regroupées, comme ce fut le cas des Bleus samedi.

Le second, Alba, est un pari gagnant pour Del Bosque. Encore inconnu du grand public il y a quelques mois, le sélectionneur espagnol a pourtant misé sur cette petite boule d'énergie (1,70 m) de Valence pour en faire le successeur de l'ancien champion du monde et d'Europe Capdevila, en panne sèche dans son club de Benfica.

Intuition payante puisqu'en tout juste 9 sélections, Alba a déjà rallié tous les suffrages.

"La progression de Jordi Alba est impressionnante, l'a d'ailleurs complimenté dimanche Toni Grande, l'adjoint de Del Bosque. C'est un joueur qui, même s'il est rapide, ne confond pas vitesse et précipitation. Il y a peu d'arrières gauche comme lui dans le monde."

L'explosivité et la capacité d'Alba à jouer à la fois comme ailier et comme arrière gauche, en alternance avec le Français Jérémy Mathieu à Valence, en font un atout appréciable.

Si l'on ajoute encore Fabregas, milieu à tout faire qui vient volontiers appuyer le côté gauche, on comprend que ce penchant de la Roja ait justement pu faire peur à Laurent Blanc.

Face au Portugal en demi-finale, mercredi à Donetsk, on risque donc d'assister à une guerre des gauches, avec d'un côté ce duo Iniesta/Alba et de l'autre le seul Cristiano Ronaldo, autre ailier explosif qui évolue à bâbord et joue de façon étincelante depuis deux matches.

cle/nip

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