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Euro-2012 - Angleterre: Mention passable pour "Monsieur Moyen" et les siens

24/06/2012 05:43 EDT | Actualisé 24/08/2012 05:12 EDT

Eliminée dimanche à Kiev par l'Italie (4-2 t.a.b.)), l'Angleterre du sélectionneur Roy Hodgson a buté, comme nombre de ses devancières, sur l'obstacle des quarts de finale mais cette fois, la déception est atténuée par un parcours honorable réussi dans des conditions délicates.

C'est une forme de malédiction: les Anglais se sont inclinés pour la 6e fois en sept séances de tirs au but. Et depuis 1996 et l'Euro organisé à domicile, ils ne parviennent plus à atteindre le dernier carré d'un grand tournoi.

Depuis cette date, la sélection aux Trois Lions, traditionnellement très (trop ?) sûre d'elle-même et de ses forces présumées, mais invariablement ramenée à la réalité par de plus forts qu'elle, avait déjà buté à trois reprises sur ce cap des quarts de finale (2002, 2004 et 2006, plus deux 8e de finale en 1998 et 2010).

Mais cette fois, les Anglais ne se sont pas vus trop beaux. Au contraire. Personne ne les attendait et les blessures, les absences et les remous provoqués par la démission de Fabio Capello en février les ont obligés à plus de modestie.

Dès lors, leur parcours dans cet Euro apparaît comme une réussite (premiers de leur poule avec 7 points) et ils ont livré un match plein devant l'Italie avant d'être vaincus, une nouvelle fois, lors de la séance de tirs au but.

Il faut en donner crédit en premier lieu à Roy Hodgson, nommé le 1er mai, il y a moins de deux mois donc. Technicien discret et poli, il a fait une bonne partie de sa carrière à l'étranger et dans des clubs anglais de milieu de tableau, en dehors de Liverpool, ce qui lui vaudra dans la presse de son pays le surnom de "Monsieur Moyen".

Mais, moins réputé et moins rémunéré que certains de ses prédécesseurs (Capello et Sven-Goran Eriksson), Hodgson a réussi à bâtir une équipe qui a plu à ses supporteurs.

Ses manières sont un peu désuètes et son 4-4-2 presque à plat a quelque chose d'anachronique à l'heure du 4-3-3 et du 4-2-3-1 rois, mais s'il n'a rien construit de très sophistiqué en matière de jeu (comment aurait-il pu en si peu de temps ?), il a contribué à l'excellent état d'esprit qui a régné au sein de son groupe.

Il a pourtant dû faire sans une brochette de blessés de première importance (Lampard, Barry, Cahill, Wilshere), alors qu'il avait déjà pris la décision controversée et assumée de laisser à la maison un Rio Ferdinand aux relations notoirement mauvaises avec John Terry.

L'autre grand artisan du bon parcours anglais a été Steven Gerrard. Remarquable dans son travail défensif et décisif par sa qualité de passe (trois passes décisives à son actif), le joueur de Liverpool a été le moteur et l'inspirateur de son équipe.

Quel peut être désormais l'avenir de cette sélection ? Dans un groupe éliminatoire largement à sa portée (Monténégro, Ukraine, Pologne, Moldavie, Saint-Marin), elle doit d'abord se qualifier pour le Mondial-2014.

Elle pourra pour cela compter sur un Wayne Rooney qui, suspendu lors des deux premiers matches de l'Euro, a retrouvé ses repaires avec un but face à l'Ukraine pour son retour. A ses côtés, Welbeck, Carroll ou Walcott ont montré qu'ils pouvaient offrir au sélectionneur des options variées.

Reste la défense. Terry, Lescott, Cole et Johnson ont réussi un bon Euro. Ils ont entre 27 et 31 ans et peuvent encore tenir la baraque. Avec ou sans eux, l'objectif sera clair au Brésil: passer, enfin, les quarts de finale.

stt/grd/sk

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