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Violentes manifestations au Soudan contre la hausse des prix

23/06/2012 02:43 EDT | Actualisé 23/08/2012 05:12 EDT

Des manifestants ont jeté des pierres, brûlé des pneus et bloqué des routes samedi à Khartoum, au 8e jour d'une contestation contre la hausse des prix, selon des journalistes de l'AFP sur place.

Les rassemblements n'étaient néanmoins pas aussi importants que ceux de vendredi, qui avaient été marqués par la plus forte mobilisation depuis le début du mouvement de protestation lancé le 16 juin par les étudiants.

Dans un communiqué reproduit par l'agence officielle Suna, les autorités locales à Khartoum ont averti qu'elles ne tolèreraient pas que les manifestants "commettent des actes portant atteinte à la sécurité et l'ordre publics" et demandé à la police d'y faire face "de manière ferme".

Tout en disant "respecter le droit du citoyen à s'exprimer de manière pacifique", elles ont affirmé que la police "agira fermement face aux atteintes commis par certains éléments aux biens publics", tels des bâtiments ou des autobus, ou le blocage de routes avec des pneus.

En dépit de l'ordre donné par les autorités, cinq manifestations différentes avaient lieu à travers la ville samedi soir, selon des témoins.

Dans la ville d'Omdurman, jumelle de Khartoum, des groupes d'une centaine de protestataires se dispersaient à l'arrivée de la police, qui tirait des gaz lacrymogènes et les frappait à coups de matraque.

Dans le quartier d'al-Deim, théâtre des troubles les plus importants la veille, des manifestants ont bloqué samedi des routes avec des pneus en feu et des détritus. La police a aussi tiré des gaz lacrymogènes contre les protestataires qui lui jetaient des pierres.

Les gens en ont "ras-le-bol", a déclaré un chauffeur de taxi, qui doit faire face comme ses compatriotes à une hausse de de 50% du prix de l'essence en raison de la suppression cette semaine des subventions aux carburants.

Dans un autre quartier, au sud de Khartoum, les forces de l'ordre ont fait aussi usage de gaz lacrymogènes, tandis que des protestataires ont brûlé des pneus.

Selon deux témoins, quelques 200 personnes se sont par ailleurs rassemblées sur le marché central de Gedaref (est), pour dénoncer la hausse des prix alimentaires.

"Nous ne serons pas gouvernés par la dictature", ont scandé les manifestants, avant d'être dispersés à coups de matraque par la police.

Vendredi, des affrontements similaires avaient eu lieu dans de nombreux quartiers de la capitale et dans d'autres villes du pays.

A chaque fois, la police a eu recours à la force pour disperser au plus vite les manifestants, dont la mobilisation est cependant loin d'atteindre l'ampleur des mouvements de masse du Printemps arabe.

Ce mouvement symbolise "le rejet en masse des politiques d'oppression menées par le régime et son échec à gouverner ce pays", a affirmé dans un communiqué le mouvement de jeunes militants Sudan Change Now ("Le changement maintenant pour le Soudan").

"Le gouvernement doit immédiatement retirer les mesures d'austérité qu'il a adoptées et qui témoignent d'une distorsion dans les dépenses, puisqu'elles continuent de donner la priorité à la défense et à la sécurité, au détriment des services sociaux", a ajouté l'organisation.

Le Soudan, l'un des pays les plus pauvres du monde, est en plus confronté à une inflation qui a atteint 30% pour le seul mois de mai selon des chiffres officiels et devrait encore grimper avec la fin du système de subventions aux carburants.

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