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Solitaire du Figaro - Une Légion étrangère à l'assaut d'un bastion français

23/06/2012 10:37 EDT | Actualisé 23/08/2012 05:12 EDT

Les Français seront une fois de plus largement majoritaires dimanche au départ de la Solitaire du Figaro à Paimpol (Ouest), mais nombre de skippers étrangers estiment que cette épreuve est plus que jamais le passage obligé pour aborder la course au large en solo.

Six étrangers sur 37 concurrents au départ, ce n'est pas beaucoup. La course au large en solitaire reste une spécialité hexagonale mais un certain frémissement est perceptible, en particulier en Grande-Bretagne.

Le succès populaire de courses comme la Route du Rhum ou le Vendée Globe suscite des convoitises outre-Manche, où des épreuves comme la Solitaire du Figaro n'existent pas.

De fait, cette course à armes égales est unique. Née en 1970, elle se court chaque été sur des monotypes d'une dizaine de mètres de long -les Figaro Bénéteau 2-, voiliers performants, marins, solides et à taille humaine.

"Il n'y a rien de tel en Grande-Bretagne", confirme Sam Goodchild, l'un des trois mousquetaires d'Artemis Offshore Academy, une écurie de course dont le but avoué est "de donner les moyens à un skipper britannique de remporter un jour le Vendée Globe".

Goodchild (22 ans), 12e de la récente Transat AG2R avec son compatriote Nick Cherry (27), et Henry Bomby (21) -tous deux également au départ du "Figaro" cette année- sont de purs produits de cette école anglaise de formation à la course au large en solitaire.

Cet exercice "n'est pas dans la culture britannique", souligne Cherry, et Artemis Offshore Academy "essaie de combler ce vide".

"La meilleure façon de s'entraîner consiste à naviguer en France", ajoute Goodchild, qui avait terminé 34e son premier "Figaro", en 2011. C'est le fin du fin".

En se frottant cet hiver à certains de leurs futurs adversaires français à Lorient (ouest) et à Saint Gilles Croix de Vie (ouest) -pour Goodchild et Cherry- ou à La Grande Motte (sud) -pour Bomby-, les trois Britanniques ont appris quelques-unes des ficelles pour exploiter au mieux les possibilités du Figaro Bénéteau 2.

"Faire marcher vite ce bateau est facile, note Cherry. Mais gagner les 2% qui permettent d'être devant les autres est très difficile".

Ce n'est pas la première fois que des Britanniques participent à la Solitaire du Figaro mais depuis Clare Francis, en 1975, aucun sujet de Sa Majesté ne s'est imposé dans une étape. Et encore moins au classement général, trusté par les Français.

D'autres étrangers seront au départ de la 43e édition: la Franco-Allemande Isabelle Joschke (déjà 4 "Figaro"), le Portugais Francisco Lobato (3) et la Norvégienne Kristin Songe Moller.

"Je sais que ce sera difficile", observe cette dernière (35 ans), dont c'est la première participation à la grande classique estivale. "Je m'y suis préparée mentalement mais le niveau de la compétition est très élevé. Il faut être à cent pour cent 24 heures sur 24, se donner à fond même quand on est fatigué".

Ancienne planchiste de haut niveau, la Norvégienne se fixe comme objectif de finir la course. En attendant de faire mieux...

heg/gd

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