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Marois estime que Harper a raison de prendre le PQ au sérieux

23/06/2012 04:57 EDT | Actualisé 23/08/2012 05:12 EDT

MONTRÉAL - La rencontre secrète entre le premier ministre Stephen Harper et l'ancien premier ministre Brian Mulroney, dont les dessous ont été dévoilés par La Presse Canadienne, vendredi, suscite encore des réactions.

La principale intéressée, la chef de l'opposition à l'Assemblée nationale et chef du Parti québécois, Pauline Marois, estime que le premier ministre du Canada a bien raison de prendre son parti au sérieux.

C'est la possibilité de voir le PQ reprendre le pouvoir aux prochaines élections provinciales qui a provoqué une rencontre, la semaine dernière à Montréal, entre Stephen Harper et Brian Mulroney qui ne s'étaient pas parlé depuis cinq ans, ayant eu un différent important en raison des liens entre le deuxième homme et le lobbyiste allemand Karlheinz Schreiber.

Mme Marois se réjouit de l'intérêt de M. Harper pour la Belle Province, car le gouvernement actuel, qui est «anti-Québec» selon elle, ne cesse de faire des choix qui vont à l'encontre des valeurs et des intérêts des Québécois. Elle a dénoncé les décisions du fédéral d'abolir le registre des armes à feu, mais également la nouvelle loi sur les contrevenants et l'adoption du projet de loi C-38, qui modifie le programme d'assurance-emploi et certaines dispositions environnementales.

Quant au chef du Nouveau parti démocratique, Thomas Mulcair, qui était de passage au Québec pour assister à l'inauguration d'un parc en l'honneur de son prédécesseur Jack Layton, il a semblé douter de la réelle volonté de M. Harper de s'intéresser au Québec.

Il a indiqué qu'à «chaque fois» que le premier ministre canadien a eu la chance de faire des gestes qui témoignent de la reconnaissance du Québec comme nation, «il a dit non».

M. Mulcair a déclaré qu'il laisserait «M. Harper prendre des conseils où il peut» mais a ajouté que le premier ministre «devra désormais vivre avec les conséquences de ses gestes, car il a non seulement dit non au Québec, mais aussi à l'ensemble des francophones du Canada».

Mais selon Mme Marois, prendre le pouls de Brian Mulroney sur la situation est un bon choix car l'ex-premier ministre «connaît très bien le Québec.» Elle a rappelé que M. Mulroney «a probablement été le plus loin possible pour reconnaître le Québec concrètement (mais) ses efforts ont échoué». Elle a ajouté que même si (le PQ) n'était pas d'accord avec lui, «il a tout de même fait un effort honnête pour ramener le Québec dans le giron constitutionnel, (étant) même capable d'aller chercher une majorité au Québec, c'est sûrement mieux que M. Harper».

La rencontre entre les deux hommes est survenue quelques jours avant la tenue ce week-end d'un rassemblement conservateur au Québec au cours duquel Stephen Harper tentera de redorer le blason de son parti dans la province.

Les efforts de M. Harper pour séduire le Québec ne visent pas seulement à augmenter le nombre de députés conservateurs en sol québécois, qui s'élève actuellement à cinq.

La victoire du Parti québécois dans la circonscription d'Argenteuil, qui était un château-fort libéral depuis 46 ans, lors des récentes élections partielles, laisse entendre que la formation politique de Pauline Marois gagne en popularité aux dépends de celle de M. Charest, mise à mal par le conflit étudiant.

Si le Parti québécois remporte les prochaines élections provinciales et lance un nouveau débat sur l'indépendance de la province, Stephen Harper serait en mauvaise posture pour défendre l'unité nationale.

Les conservateurs sont au plus bas dans les sondages au Québec et le gouvernement libéral provincial n'a aucun porte-parole pouvant parler efficacement au nom des forces fédéralistes.

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