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L'Irak craint un débordement de la crise syrienne

23/06/2012 10:05 EDT | Actualisé 23/08/2012 05:12 EDT

Le ministre irakien des Affaires étrangères Hoshyar Zebari a mis en garde samedi contre une extension de la crise syrienne dans les pays voisins et plaidé pour un rôle de l'Irak dans l'avenir de la Syrie, avec qui il partage 600 km de frontières.

"Notre principal sujet d'inquiétude est le débordement de la crise (...) dans les pays voisins. Aucun pays n'est immunisé contre cette contagion en raison de la composition (de nos) sociétés", a-t-il dit lors d'une conférence de presse à Bagdad.

"Si ce conflit se transformait en une guerre civile ou confessionnelle, l'Irak serait affecté, le Liban serait affecté, la Jordanie ne serait pas immunisée", tout comme la Turquie, a-t-il ajouté, aux côtés de ses homologues polonais, suédois et bulgare, en visite en Irak.

"Nous ne voulons pas voir le chaos régner dans la région (...), c'est pourquoi l'Irak devrait avoir un mot (à dire), un rôle (à jouer) dans ce qui est en train de se passer en Syrie. Aucun pays ne peut ignorer ou contourner l'Irak dans ce contexte", selon lui.

Il a précisé que Bagdad "était en contact permanent avec l'opposition", aussi bien le Conseil national syrien (principale coalition de l'opposition) que certains groupes armés.

Mais, a-t-il martelé, "fournir au régime ou à l'opposition des armes conduira à aggraver et poursuivre la crise" en Syrie, où plus de 15.000 personnes sont mortes, selon une ONG syrienne, depuis le début de la révolte contre le régime de Bachar al-Assad, qui s'est militarisée face à la répression.

De son côté, selon un communiqué de son bureau, le vice-Premier ministre irakien Hussein Chahristani a indiqué aux trois ministres européens que l'Irak soutenait "les changements démocratiques" en Syrie, tout en exprimant son inquiétude au sujet d'extrémistes qui "essaient de pousser le peuple syrien dans un conflit confessionnel qui affectera la région".

L'Irak avait sombré début 2006 dans une guerre confessionnelle opposant sunnites et chiites, qui a fait des milliers de morts.

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